Élections : le scepticisme des sunnites
risque de les marginaliser
le 14 octobre 2004 à 00h00
Les sunnites d’Irak prennent le risque en abordant avec scepticisme les élections prévues en janvier 2005, de se marginaliser davantage et d’entacher du même coup la légitimité de la consultation. Ce risque est d’autant plus réel qu’en face, les chiites n’ont cessé de dire leur volonté, exprimée par leur chef incontesté le grand ayatollah Ali Sistani, d’y participer en masse.
Avant même le début des inscriptions sur les listes électorales, prévu début novembre, Ali Sistani avait appelé mardi à encadrer l’opération pour permettre au plus grand nombre d’y prendre part. Même la mouvance chiite radicale de Moqtada Sadr semble s’acheminer vers une participation à ce scrutin, qui ne manquera pas de consacrer la place prédominante des chiites, majoritaires, sur l’échiquier politique irakien.
« Les conditions n’existent pas pour la tenue d’élections libres, sereines et justes, et il sortira d’un tel scrutin une assemblée presque désignée qui donnera naissance à un gouvernement qui fera ce que voudra l’occupation. » Cette position résume le sentiment général des sunnites. Elle a été exprimée le 8 octobre par Hareth Mouthanna al-Dari, le président du Comité des oulémas d’Irak, la puissante association religieuse sunnite qui ambitionne de jouer auprès des sunnites le même rôle que celui de la marjaïya auprès des chiites.
Les sunnites arabes, qui forment environ le quart de la population, ont toujours dominé la vie politique de l’Irak moderne, et la chute du régime de Saddam Hussein a été vécue par beaucoup comme un coup fatal à leur rôle dirigeant. « Il faut convaincre les sunnites qu’ils ont un rôle à jouer. On ne peut pas y arriver avec la seule répression », dit un responsable américain qui a une longue expérience de la région. Selon lui, les sunnites doivent se résigner au fait qu’ils ne peuvent plus prétendre au rôle dominant qu’ils avaient avant l’invasion tout en cherchant une place sur le nouvel échiquier politique.
Les sunnites d’Irak prennent le risque en abordant avec scepticisme les élections prévues en janvier 2005, de se marginaliser davantage et d’entacher du même coup la légitimité de la consultation. Ce risque est d’autant plus réel qu’en face, les chiites n’ont cessé de dire leur volonté, exprimée par leur chef incontesté le grand ayatollah Ali Sistani, d’y participer en masse.
Avant même le début des inscriptions sur les listes électorales, prévu début novembre, Ali Sistani avait appelé mardi à encadrer l’opération pour permettre au plus grand nombre d’y prendre part. Même la mouvance chiite radicale de Moqtada Sadr semble s’acheminer vers une participation à ce scrutin, qui ne manquera pas de consacrer la place prédominante des chiites, majoritaires, sur l’échiquier politique irakien.
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