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Actualités - Chronologies

ART Les échanges précoces entre l’Europe et l’Asie présentés à Londres

Plus de 200 objets d’art asiatiques et européens, issus des musées internationaux les plus renommés, ont été rassemblés pour l’exposition automnale phare du Victoria and Albert Museum, présentée à partir de jeudi à Londres. « Rencontres : au croisement de l’Asie et de l’Europe 1500-1800 » retrace à travers trois thèmes – découvertes, rencontres et échanges – les prémisses de la mondialisation. Cette période a en effet profondément modifié les relations culturelles, commerciales et technologiques entre les deux continents. Un croisement qui, aujourd’hui, influence toujours notre quotidien. « Le public pense souvent que l’attirance ne s’opérait que dans un sens, c’est-à-dire de l’Europe vers l’Asie. Or l’Asie était également fascinée par la culture européenne. C’est le message que nous voulons faire passer dans cette exposition », explique le Dr Amin Jaffer, l’un des deux conservateurs à l’origine du projet. Sur des airs de musique asiatique et baroque, les visiteurs pourront découvrir, jusqu’au 5 décembre, peintures, costumes, bijoux et autres objets prêtés par les musées les plus prestigieux comme le Metropolitan Museum of Art de New York, le Palace Museum de Pékin ou le Louvre parisien. « En 1453, les Ottomans prennent Constantinople. Les denrées asiatiques se font donc beaucoup plus rares en Europe. Quelques explorateurs comme Vasco de Gama décident alors de se lancer vers la découverte de l’Asie », raconte Amin Jaffer. Les conservateurs ont choisi de représenter cet événement avec une fresque du début du XVIIe siècle, réalisée au Japon avec des feuilles d’or. L’arrivée d’un navire portugais sur les côtes japonaises y est détaillée. Ce type d’œuvre, par la suite vendu à de riches marchands européens, révèle la fascination que manifestaient les Japonais en voyant débarquer des étrangers sur leur île. Ce spectacle exotique a inspiré les artistes : « Ce fut une fusion, pas seulement pour les marchandises mais aussi au niveau des idées et des goûts », assure Anna Jackson, l’autre conservateur de l’exposition. Les peintres s’amusaient à représenter les rencontres Est-Ouest de façon comique, comme la scène des deux Hollandais séduisant deux courtisanes japonaises, peinte sur un parchemin à l’encre au Japon vers 1800. Seuls Européens à pouvoir marchander avec le Japon, les Hollandais étaient cependant confinés sur une île au large de Nagasaki. Leur seul divertissement n’était autre que les filles de joie locales, qu’ils observaient comme des curiosités. La démarche des conservateurs a été accueillie avec enthousiasme par les autres grands musées, à l’instar du Louvre qui a spontanément prêté un coffre de nacre indien ayant appartenu à François Ier et à Henry VIII. Ce coffre, l’un des nombreux trésors de l’exposition, a été créé à Gujarat (ouest de l’Inde), centre de production d’objets nacrés à l’époque. Il a ensuite été offert à François Ier, qui a demandé aux orfèvres de la cour de l’embellir avec des montures d’or style Renaissance.
Plus de 200 objets d’art asiatiques et européens, issus des musées internationaux les plus renommés, ont été rassemblés pour l’exposition automnale phare du Victoria and Albert Museum, présentée à partir de jeudi à Londres.
« Rencontres : au croisement de l’Asie et de l’Europe 1500-1800 » retrace à travers trois thèmes – découvertes, rencontres et échanges – les prémisses de la mondialisation.
Cette période a en effet profondément modifié les relations culturelles, commerciales et technologiques entre les deux continents. Un croisement qui, aujourd’hui, influence toujours notre quotidien.
« Le public pense souvent que l’attirance ne s’opérait que dans un sens, c’est-à-dire de l’Europe vers l’Asie. Or l’Asie était également fascinée par la culture européenne. C’est le message que...