Un parc bien gardé remplace l’avenue devant la Maison-Blanche, la colline du Capitole est interdite aux piétons, on ne circule plus autour du département d’État, et des blocs de béton bordent les grands axes autour du Congrès : Washington se barricade par crainte du terrorisme.
Mais ces fermetures décidées par l’État fédéral, source d’énormes embouteillages, suscitent les critiques virulentes de responsables de la ville, alors que l’agglomération en pleine croissance fait désormais vivre plus de six millions d’habitants qui débordent sur la Virginie et le Maryland. Malheureusement, « les représentants du gouvernement décident de la fermeture des rues, passant outre nos objections », affirme Bill Rice, porte-parole du service des transports de la ville.
De fait, la ville dessinée en 1791 par Pierre L’Enfant comme un symbole d’ouverture a « perdu environ six kilomètres de rues depuis les attentats du 11 septembre 2001 », explique, cartes en main, l’architecte Don Hawkins, consultant de la municipalité pour l’aménagement urbain.
L’attentat d’Oklahoma City en 1995 avait convaincu le Secret Service, chargé de la protection du président Bill Clinton, de fermer la section de Pennsylvania Avenue le long des grilles de la demeure présidentielle.
Plus récemment, cette section de rue a disparu sous la terre fraîche et les arbres d’un jardin qui doit ouvrir au début 2005, à temps pour le prochain mandat présidentiel. Désormais, les abords de la Maison-Blanche ne pourront plus être vus qu’à pied et sous la surveillance de gardes.
Parmi les pertes les plus évidentes liées à la menace terroriste, la vue panoramique sur l’esplanade verdoyante du Mall et l’obélisque du Washington Monument, depuis le Congrès. Son service de police avait décidé, après les attentats du 11 septembre, de fermer au public les majestueux escaliers sur le flanc ouest de la colline.
Dans le quartier plus dense de Foggy Bottom, où la circulation est toujours difficile, c’est la Banque mondiale qui a demandé la fermeture d’une rue, augmentant encore les encombrements générés par le barrage de deux rues par le département d’État sans qu’aucun contournement ne soit proposé.
La mesure a été prise après le relèvement du niveau de sécurité en août, qui identifiait les grandes institutions financières internationales comme des cibles potentielles. Pour l’architecte Don Hawkins, « le bouclage d’un secteur est un signe de prestige, plus vous êtes difficile d’accès, plus vous êtes important... » Le maire de Washington, Anthony Williams, a réagi à ce nouveau raidissement en estimant « important que les bâtiments officiels, la Cour suprême, le Capitole et la bibliothèque du Congrès ne s’enferment pas derrière des murs. Nous ne devons pas permettre que les symboles de la liberté et de la démocratie américaines soient transformés en forteresses de la peur ».
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Mais ces fermetures décidées par l’État fédéral, source d’énormes embouteillages, suscitent les critiques virulentes de responsables de la ville, alors que l’agglomération en pleine croissance fait désormais vivre plus de six millions d’habitants qui débordent sur la Virginie et le Maryland. Malheureusement, « les représentants du gouvernement décident de la fermeture des rues, passant outre nos objections », affirme Bill Rice, porte-parole du service des transports de la ville.
De fait, la ville dessinée en 1791 par Pierre...