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Actualités - Chronologie

La réalité irakienne contraste avec le discours de Bush

La réalité quotidienne en Irak, marquée par une escalade de la violence, contraste avec la vision optimiste du président américain George W. Bush qui a affirmé à la tribune des Nations unies que ce pays, à l’instar de l’Afghanistan, était « en marche vers la démocratie et la liberté ». Devant un parterre de plus de 90 chefs d’État ou de gouvernement, le président américain a défendu la guerre, affirmant que la coalition menée par son pays avait fait respecter « les justes exigences du monde » envers Bagdad. Il a indiqué qu’il ne fallait pas quitter l’Irak mais y triompher. Mais, au moment même où le président Bush parlait, un otage américain venait d’être exécuté par ses ravisseurs du groupe Tawhid wal Jihad dirigé par l’ennemi public numéro un des États-Unis en Irak, Abou Moussab al-Zarqaoui. M. Bush a en outre développé sa vision de la situation en dépit des analyses plutôt pessimistes de la communauté du renseignement de son pays, qui, si on en croit le New York Times du 16 septembre, prédit un sombre avenir à l’Irak. En fait, la violence n’a pas reflué en Irak dix-sept mois après la guerre et l’incertitude règne sur la capacité du gouvernement intérimaire de respecter le calendrier politique fixé par les Nations unies dont la prochaine étape est la tenue d’élections générales en janvier. En Irak, la population n’a jamais été aussi hostile à l’égard des Américains qu’elle blâme non seulement pour l’insécurité, mais aussi pour le peu de progrès dans le domaine de la reconstruction. La Force multinationale, majoritairement composée par les Américains, ne contrôle pas en outre l’ensemble du pays, où certains bastions, notamment dans les régions sunnites, lui sont devenus inaccessibles. « Nous avons attendu longtemps pour voir se concrétiser les promesses de Bush mais rien n’a changé et au contraire la situation a empiré notamment sur le plan de la sécurité, avec les crimes, les meurtres et les enlèvements qui se multiplient à travers le pays ». Ce n’est pas un spécialiste qui parle, mais un simple policier de 35 ans, Chawki Jabbour, membre des nouvelles forces de l’ordre placées en première ligne dans la bataille contre la guérilla et le crime. Les forces de sécurité irakiennes ont perdu plus de 700 membres depuis la chute du régime de Saddam Hussein qui gouvernait l’Irak d’une main de fer au point que certains osent aujourd’hui souhaiter son retour. Les pertes de l’armée américaine ont par ailleurs depuis longtemps dépassé le millier de morts alors que celles des civils irakiens se comptent par dizaines de milliers. Ceux, parmi les Irakiens, qui étaient favorables à l’intervention américaine ont perdu presque toutes leurs illusions, à l’image d’Ali Ghani Abbas qui vit au cœur du quartier traversé par la rue Haïfa connue pour son hostilité aux Américains. « La campagne militaire conduite par les États-Unis a eu ses aspects positifs et ses aspects négatifs. Elle a libéré le peuple irakien de la dictature et mis fin à leurs souffrances », dit-il. « Sous Saddam Hussein, le peuple n’avait aucun droit mais l’invasion a eu aussi ses mauvais côtés qui sont si évidents aujourd’hui. Nous avons perdu la sécurité », poursuit-t-il. « Il paraît clair aujourd’hui que la promesse de Bush d’apporter la démocratie en Irak était vide », conclut-il, donnant l’impression que le chef de la Maison-Blanche avait perdu tout crédit auprès de l’opinion publique irakienne. Les proaméricains soulignent que les Irakiens ont quand même gagné la liberté d’expression et espèrent pouvoir décider de leur avenir aux élections générales de janvier 2005. Si toutefois elles se tiennent.
La réalité quotidienne en Irak, marquée par une escalade de la violence, contraste avec la vision optimiste du président américain George W. Bush qui a affirmé à la tribune des Nations unies que ce pays, à l’instar de l’Afghanistan, était « en marche vers la démocratie et la liberté ». Devant un parterre de plus de 90 chefs d’État ou de gouvernement, le président américain a défendu la guerre, affirmant que la coalition menée par son pays avait fait respecter « les justes exigences du monde » envers Bagdad. Il a indiqué qu’il ne fallait pas quitter l’Irak mais y triompher.
Mais, au moment même où le président Bush parlait, un otage américain venait d’être exécuté par ses ravisseurs du groupe Tawhid wal Jihad dirigé par l’ennemi public numéro un des États-Unis en Irak, Abou Moussab...