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Actualités - Chronologie

Coup dur à la libéralisation économique de l’Iran

Les conservateurs iraniens ont porté hier un nouveau coup spectaculaire à la libéralisation économique en forçant le gouvernement à soumettre aux députés les contrats avec des compagnies étrangères, suscitant la fureur présidentielle. Le Parlement conservateur iranien a approuvé un texte de loi en ce sens lors d’un débat retransmis par la radio d’État. « En l’état, cette loi est sans précédent dans l’histoire de la République islamique, elle paralyse l’action du gouvernement », a déclaré le président Mohammed Khatami dans un exceptionnel coup de sang devant la presse à sa sortie du Conseil des ministres. « Cela va dissuader les étrangers d’investir en Iran (...), cela représente un coût de plusieurs milliards de dollars pour le pays », a-t-il ajouté. La loi représente une nouvelle remise en cause de la politique d’ouverture politique, économique et sociale menée par le gouvernement réformateur du président Khatami. Les conservateurs ont repris quasiment tous les pouvoirs en même temps que la majorité au Majlis (Assemblée) en mai. Le texte modifie en fait les articles 124 et 130 du troisième plan quinquennal (mars 2000 à mars 2005), concernant les investissements étrangers dans les télécommunications et les transports aériens. Il s’applique à tous les contrats signés depuis le début de l’année iranienne, commencée le 20 mars 2004. Après le vote sur la globalité de la proposition, le Parlement a commencé l’examen du texte article par article. Le président a émis l’espoir que les parlementaires corrigeraient la copie à cette occasion. « Le Parlement vise en fait trois projets de développement », a déclaré le vice-ministre de l’Intérieur Mahmoud Mir-Lohi. Il s’agit du contrat de 200 millions de dollars pour la construction de la seconde phase de l’aéroport international de l’imam Khomeyni, que le gouvernement veut attribuer à la société turque TAV (Tepe-Akfen-Vie), d’un contrat de plus de 3 milliards de dollars pour un second réseau de téléphonie mobile, déjà octroyé au turc Turkcell, et d’un contrat de plus de 600 millions de dollars attribué aux Chinois pour la construction du chemin de fer entre Ispahan et Chiraz. Devant les députés, le ministre des Télécommunications, Ahmad Motamedi, a affirmé que l’annulation de l’accord avec Turkcell allait retarder de « 10 à 15 ans la distribution des téléphones portables » aux utilisateurs et « faire perdre 18 milliards de dollars ». « Cette loi signifie que la voix d’un gouvernement dirigé par un président représentant le peuple n’a aucune valeur et que ce gouvernement ne peut pas s’adresser à la communauté internationale », a dit M. Khatami. Le président se retrouve en fâcheuse posture quelques jours avant une visite officielle en Turquie. Des députés réformateurs ont demandé l’annulation ou le report de ce voyage. Cet été déjà, outre les intentions déclarées de reprise en main morale, les députés conservateurs se sont opposés à la privatisation des banques ou encore à l’ouverture de succursales par les banques non iraniennes pour « empêcher que l’étranger ne domine l’économie ». Le Parlement a aussi rejeté un projet de loi qui aurait permis aux compagnies pétrolières étrangères d’exploiter directement les gisements qu’elles auraient découverts. Ces compagnies devront continuer, après une exploration fructueuse, à en passer par un aléatoire appel d’offres pour, éventuellement, obtenir l’exploitation. Or, pour les réformateurs du président Khatami, l’Iran a un besoin pressant de libéralisation et d’ouverture aux investissements étrangers pour remédier à des maux criants.
Les conservateurs iraniens ont porté hier un nouveau coup spectaculaire à la libéralisation économique en forçant le gouvernement à soumettre aux députés les contrats avec des compagnies étrangères, suscitant la fureur présidentielle.
Le Parlement conservateur iranien a approuvé un texte de loi en ce sens lors d’un débat retransmis par la radio d’État.
« En l’état, cette loi est sans précédent dans l’histoire de la République islamique, elle paralyse l’action du gouvernement », a déclaré le président Mohammed Khatami dans un exceptionnel coup de sang devant la presse à sa sortie du Conseil des ministres.
« Cela va dissuader les étrangers d’investir en Iran (...), cela représente un coût de plusieurs milliards de dollars pour le pays », a-t-il ajouté.
La loi représente une nouvelle remise en...