Malgré la dégradation de la situation en Irak et le durcissement de critiques fusant désormais de toutes parts sur sa stratégie dans ce pays, le président américain George W. Bush garde le cap à deux jours d’un important discours devant l’Onu à New York.
M. Bush se rend mardi devant l’Assemblée générale des Nations unies alors que le scepticisme grimpe face à la violence en Irak, plongé dans le chaos 18 mois après l’intervention militaire américano-britannique qui a fait plus de 1 000 morts côté américain et plusieurs milliers côté irakien.
« Devant les Nations unies, je vais faire de nouvelles propositions pour étendre la prospérité et accélérer la marche vers la liberté dans le monde », a indiqué M. Bush samedi dans son allocution radiodiffusée hebdomadaire. Le président républicain est appuyé dans sa démarche destinée à convaincre la communauté internationale du bien-fondé de sa politique par le Premier ministre irakien Iyad Allaoui, pour qui l’insurrection « ne se renforce pas » et « le problème est en train d’être résolu ». « C’est un type courageux qui pense que l’Irak doit être libre », a estimé M. Bush à propos de M. Allaoui, qu’il verra demain à New York et jeudi à la Maison-Blanche.
Cet optimisme affiché et répété à l’envi est démenti y compris par le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, qui est allé jusqu’à déclarer que la guerre lancée par Washington était « illégale ».
Et les critiques montent aux États-Unis mêmes. Un rapport confidentiel des services de renseignements américains préparé pour M. Bush à la fin juillet dresse un tableau sombre de l’avenir de l’Irak, tablant au mieux sur une stabilité fragile et au pire sur une guerre civile, a révélé jeudi le New York Times.
Kerry accuse Bush de planifier
un appel massif de réservistes
Le candidat démocrate à la Maison-Blanche, John Kerry, a de son côté accusé George Bush de planifier un appel massif de réservistes pour l’Irak immédiatement après le scrutin du 2 novembre.
Le représentant démocrate de Pennsylvanie, John Murtha, membre très respecté de la commission des Forces armées à la Chambre, a en effet indiqué avoir appris que le Pentagone avait pour plan d’appeler au service un grand nombre de réservistes et de gardes.
Richard Holbrooke, conseiller de M. Kerry en politique étrangère, est, de son côté, allé jusqu’à déclarer hier que « la façon dont le dossier (irakien) a été géré a créé une catastrophe. C’est une catastrophe ».
Une politique irresponsable
et potentiellement dangereuse
L’optimisme affiché par M. Bush sur l’Irak a d’autre part reçu hier une réponse cinglante du Washington Post qui remet en cause la stratégie en Irak dans un éditorial au vitriol. La « description » par George W. Bush de la situation dans ce pays est « insipide au point d’en être malhonnête ». « Cette stratégie présente des avantages politiquement, mais elle est aussi profondément irresponsable et potentiellement dangereuse », relève le Post. « “Les grandes illusions” ont trop souvent guidé M. Bush en Irak (...) Nous pensons que le président a eu raison d’affronter Saddam Hussein et, comme la grande majorité des Irakiens, nous saluons le départ de (l’ancien) régime. (...) Mais même encore maintenant, il n’y a pas de réelle compréhension de ce qui se passe sur le terrain », ajoute le Post.
« Trop de soldats et officiers américains ont été bercés d’illusions. Beaucoup ont répondu par un grand courage et par la créativité, mais plus de 1 000 d’entre eux sont morts, plusieurs milliers d’autres ont payé un tribut terrible, et on ne voit pas la fin de ces pertes », selon le quotidien, qui évoque à la fois « le courage » de M. Bush dans sa volonté de parvenir à ses buts, mais aussi « une extraordinaire imprudence et l’incompétence dans l’exécution » des décisions.
Un sénateur républicain influent, Chuck Hagel, a même reconnu hier sur CBS que les États-Unis se trouvaient « dans une situation difficile, très difficile en Irak. Nous avons besoin d’aide supplémentaire de la part de nos alliés », a-t-il dit.
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M. Bush se rend mardi devant l’Assemblée générale des Nations unies alors que le scepticisme grimpe face à la violence en Irak, plongé dans le chaos 18 mois après l’intervention militaire américano-britannique qui a fait plus de 1 000 morts côté américain et plusieurs milliers côté irakien.
« Devant les Nations unies, je vais faire de nouvelles propositions pour étendre la prospérité et accélérer la marche vers la liberté dans le monde », a indiqué M. Bush samedi dans son allocution radiodiffusée hebdomadaire. Le président républicain est appuyé...