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Actualités - Reportage

Ce qu’ils en pensent - VISITE DE CHAREH ET PRÉSIDENTIELLE

Par sa soudaineté et sa brièveté et aussi par le fait qu’elle s’est limitée à un entretien avec le chef de l’État, alors que, comme par hasard, le ministre libanais des Affaires étrangères entamait un séjour privé en France, la visite du ministre syrien des AE à Beyrouth, lundi, a suscité de nombreuses questions. Chacun a tenté de l’interpréter à sa manière ou selon ses intérêts, les candidats « sérieux » préférant y voir un simple rééquilibrage, les autres, un indice concret en faveur d’une éventuelle reconduction. Nous avons préféré poser directement la question à une figure maronite connue pour sa modération et son objectivité, l’actuel député et ancien ministre, Fouad es-Saad. Fouad es-Saad, député de Aley Q : Comment interprétez-vous la visite du ministre syrien Farouk el-Chareh, lundi à Baabda ? R : « À vrai dire, je ne sais trop quoi en penser. Toutes les interprétations sont possibles. On peut y déceler un signal fort en faveur de la reconduction de l’actuel président aussi bien qu’un hommage à un chef d’État qui doit bientôt quitter le palais présidentiel. Pour ma part, je dirais simplement qu’elle est destinée à rétablir l’équilibre entre toutes les solutions envisageables. Ces dernières semaines, la balance penchait dangereusement du côté de l’élection d’un nouveau candidat. Je crois donc que la visite de M. Chareh à Baabda avait essentiellement pour but de rétablir l’équilibre et de remettre toutes les options sur le tapis. C’était d’autant plus important que l’on est encore à plus de deux mois de l’échéance présidentielle. » Q : Comment expliquez-vous le fait que M. Chareh n’ait même pas voulu rencontrer son homologue libanais, avec lequel le régime syrien entretient d’excellentes relations, et que ce dernier se soit envolé pour un séjour privé, alors qu’il devait être au courant de la visite ? R : « Ce sont là des questions secondaires. Le fait que le ministre syrien des Affaires étrangères n’ait rencontré que le président Émile Lahoud indique simplement que sa visite état axée sur le dossier présidentiel. De plus, si un autre thème devait être abordé, le ministre Chareh ne serait pas venu tout seul chez le président, mais avec son équipe habituelle. Mais comme un seul sujet a été abordé et il n’avait rien à voir avec les dossiers traités par les Affaires étrangères, il s’est rendu seul à Baabda, et le président l’a reçu lui aussi seul. » Q : Pensez-vous que vous serez convié à Damas pour les consultations entreprises par le président Bachar el-Assad ? R : « Je ne sais pas. Je n’ai aucune idée des critères choisis pour ces consultations qui vont s’étaler sur plusieurs semaines. » Q : Mais êtes-vous considéré comme un candidat ? R : « Je n’ai pas présenté ma candidature, car je suis convaincu que jusqu’à présent, le temps n’est pas venu pour cela. D’ailleurs, au Liban, la candidature n’est pas exigée. Il y a simplement des personnalités qui proposent leurs services pour assumer les plus hautes fonctions de l’État. Mais cela ne signifie pas qu’il s’agit là d’une condition essentielle. En ce qui me concerne, mon nom circule dans la Bourse des présidentiables sans que j’aie entrepris la moindre démarche dans ce but. Toutefois, le contraire m’eût étonné, car je suis maronite, député et ancien ministre, et lancé dans la politique depuis 40 ans. De même, j’appartiens à une famille qui fait de la politique depuis 1711. Il est donc normal que mon nom circule parmi les candidats potentiels. » Ghada Khoury, femme au foyer Q : Comment interprétez-vous la visite du ministre syrien des Affaires étrangères à Baabda lundi ? R : « Laissez-moi rire. On parle encore de libanisation de l’échéance présidentielle ! Franchement, si les politiciens font leur job, mentent aux citoyens et se mentent souvent à eux-mêmes, pourquoi la presse joue-t-elle aussi le jeu ? Pour moi, c’est clair comme de l’eau de roche. Les Syriens penchent pour une reconduction du mandat du président Lahoud et ils l’ont fait bien comprendre en envoyant le ministre Chareh à Baabda de cette façon peu courante. Qu’est-ce qu’il faut d’autre pour que ceux qui ne veulent pas comprendre comprennent enfin ? Je me le demande. Mais bon, si cela les amuse de croire que le suspense est maintenu, tant pis pour eux. Je crois simplement que les Syriens connaissent mieux les Libanais que les Libanais eux-mêmes ». S. H.


Par sa soudaineté et sa brièveté et aussi par le fait qu’elle s’est limitée à un entretien avec le chef de l’État, alors que, comme par hasard, le ministre libanais des Affaires étrangères entamait un séjour privé en France, la visite du ministre syrien des AE à Beyrouth, lundi, a suscité de nombreuses questions. Chacun a tenté de l’interpréter à sa manière ou selon ses intérêts, les candidats « sérieux » préférant y voir un simple rééquilibrage, les autres, un indice concret en faveur d’une éventuelle reconduction. Nous avons préféré poser directement la question à une figure maronite connue pour sa modération et son objectivité, l’actuel député et ancien ministre, Fouad es-Saad.

Fouad es-Saad, député de Aley

Q : Comment interprétez-vous la visite du ministre syrien Farouk...