Dans un État organisé, chaque ministère a une définition qui correspond à un objet précis, comme les Postes, la Santé, les Travaux publics, la Justice, l’Inspection centrale, etc.
Dans notre République, il existe, en plus, un ministère dépourvu de définition ; on peut dire qu’il est orphelin: c’est le ministère de l’Information. Quel est son objet, à quoi sert-il ? Bien malin qui saurait le dire.
Est-il là, avec son armée de fonctionnaires, pour « informer » le peuple, lui fournir des nouvelles du monde ? Mais le plus petit boutiquier peut, avec son poste transistor, capter une nouvelle de Tokyo avant même qu’elle n’arrive à l’Administration centrale.
Est-ce pour renseigner la presse ? Mais celle-ci a ses propres limiers qui sont les plus futés et qui peuvent eux-mêmes approvisionner l’Administration.
À quoi donc, s’il vous plaît, sert le ministère dit de l’Information ?
En plein troisième millénaire, nous nous trouvons affublés d’un organe coûteux dont nous ne savons trop quoi faire. L’actuel titulaire de ce ministère, homme de valeur, supérieur à plusieurs collègues, qui a toute notre estime, en est réduit, au sortir de chaque Conseil de ministres, au rôle ingrat d’affronter l’escadron de journalistes qui le criblent de questions souvent embarrassantes et même piégées, alors qu’eux-mêmes parfois en savent plus long que lui.
Un esprit simple (mais non simplet) pourrait alors penser : « Où est le problème ? Supprimons ce ministère et n’en parlons plus. »
Mais c’est là que la politique entre en jeu (...).
Exemple actuel, et même brûlant : le ministre Siniora est en train de se battre bec et ongles contre son collègue Cardahi pour l’empêcher de baisser à un niveau raisonnable le prix des télécommunications, qui sont les plus chères du monde, invoquant le principe qu’on ne doit pas réduire les ressources du Trésor. Mais le même ministre Siniora continuera à débourser imperturbablement, chaque année, vingt millions de dollars pour entretenir un ministère manifestement inutile – on l’a vu – et, de plus, encombrant.
Avec cela, allez vous étonner de voir le pays si mal administré.
Albert SARA
Dans un État organisé, chaque ministère a une définition qui correspond à un objet précis, comme les Postes, la Santé, les Travaux publics, la Justice, l’Inspection centrale, etc.
Dans notre République, il existe, en plus, un ministère dépourvu de définition ; on peut dire qu’il est orphelin: c’est le ministère de l’Information. Quel est son objet, à quoi sert-il ? Bien malin qui saurait le dire.
Est-il là, avec son armée de fonctionnaires, pour « informer » le peuple, lui fournir des nouvelles du monde ? Mais le plus petit boutiquier peut, avec son poste transistor, capter une nouvelle de Tokyo avant même qu’elle n’arrive à l’Administration centrale.
Est-ce pour renseigner la presse ? Mais celle-ci a ses propres limiers qui sont les plus futés et qui peuvent eux-mêmes approvisionner...
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