Si l’on veut parler de mondialisation, il conviendrait de commencer par donner la définition de ce concept. Selon l’Occident et ses auteurs, la mondialisation implique la justice sociale, le bien-être du genre humain, le droit de celui-ci à bénéficier de la concurrence et la libre circulation des biens.
En apparence, cette théorie est valable ; c’est dans la pratique que l’on décèle des contradictions dans l’action des pays du Nord, alors que les pays du Sud se retrouvent otages des stratégies, des politiques et des convoitises des pays développés, lesquels cherchent à mettre des obstacles à leur croissance industrielle, en les maintenant en état de dépendance face aux nouvelles technologies et à la main-d’œuvre qualifiée. Comment ? Grâce à ce monstre sacré : les multinationales.
Face à une telle dépendance, les pays en voie de développement devraient essayer de ne pas rester hors des unions économiques et créer de nouvelles zones de libre-échange et non point des marchés communs.
Le nombre des multinationales étaient d’environ 30 000 en 1998. Leurs chiffres d’affaires dépassaient la moitié du PNB mondial, avec des actifs de 92 trillions de dollars et 35 millions d’employés. Les prévisions indiquent une tendance vers une croissance accélérée et une extension plus grande dans le monde, sans parler de profits sans précédent depuis la révolution industrielle et technologique en Europe, et cela surtout lorsque seront mis en œuvre les accords de Marrakech, en 2005.
Beaucoup de questions se posent, qui demeurent sans réponses, quand celles-ci ne sont pas ambiguës. Mais le train de la mondialisation, dans lequel les multinationales occupent le wagon de tête, est déjà en marche, et l’on voit déjà les premiers signes de son impact négatif.
Ce qui est désolant, c’est de voir les pays en voie de développement impliqués bien malgré eux dans cette entreprise, forcés de jouer un seul rôle : celui de spectateurs passifs – quand ils ne doivent pas applaudir… – de l’action des Grands, qui se sont retrouvés à Seattle, puis à Marrakech, puis à Doha pour régler leurs différends concernant le pillage et la répartition des richesses des pays en voie de développement.
Reste à s’interroger : dans quelle mesure les États-Unis pourront-ils utiliser l’arme des sociétés multinationales pour réaliser le projet du Grand Moyen-Orient ? Après avoir avancé le prétexte fallacieux d’un Moyen-Orient région des grandes perturbations, source de terrorisme, d’extrémisme, d’émigration illégale et arsenal d’armes de destruction massive, l’Amérique s’en est pris au Pakistan et à l’Iran.
La théorie américaine sur le lien entre démocratie et mondialisation est désormais dépassée. Les USA sont aujourd’hui encore moins habilités que par le passé à promouvoir le projet du Grand Moyen-Orient dès lors qu’ils n’y voient que le moyen de contrôler cette région et le projet du grand oléoduc.
Marianne EL-HÉLOU
Titulaire d’une licence
en sciences économiques
de l’Université libanaise
Si l’on veut parler de mondialisation, il conviendrait de commencer par donner la définition de ce concept. Selon l’Occident et ses auteurs, la mondialisation implique la justice sociale, le bien-être du genre humain, le droit de celui-ci à bénéficier de la concurrence et la libre circulation des biens.
En apparence, cette théorie est valable ; c’est dans la pratique que l’on décèle des contradictions dans l’action des pays du Nord, alors que les pays du Sud se retrouvent otages des stratégies, des politiques et des convoitises des pays développés, lesquels cherchent à mettre des obstacles à leur croissance industrielle, en les maintenant en état de dépendance face aux nouvelles technologies et à la main-d’œuvre qualifiée. Comment ? Grâce à ce monstre sacré : les multinationales.
Face à une telle...
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