Révolution du jasmin
Le 25 avril, les Portugais ont fêté le 30e anniversaire de la Révolution des œillets qui a mis fin à quarante et un ans de dictature salazariste (1933-74), cela sans compter les sept ans de la dictature militaire (1926-33).
Imaginez-vous, quarante-huit ans ! Songez-y, chers Libanais, cette révolution pacifique a fait passer le Portugal de la dictature à la démocratie en une seule journée et sans effusion de sang.
Quel bel exemple ! Quelle volonté de changement !
C’est une occasion aussi de se rappeler de la (très pacifique) révolution de la rose en Géorgie. Souvenez-vous des images bouleversantes de ces insurgés qui ont fait irruption dans le Parlement en plein discours du président. Ils ont de l’audace, ces Géorgiens !
Révolution des œillets, Révolution de la rose, le Liban n’aura-t-il pas sa part ?
Le moment n’est-il pas venu pour nous de « fêter » notre révolution, du jasmin peut-être ?
Naji JREISSATI
Les familles des clans... municipaux
À la parade de dimanche, défileront ceux qui briguent, à travers les municipales, un poste de député et, pourquoi pas, un portefeuille ministériel.
C’est tout ? Oui, c’est tout !
L’entente nationale, l’avenir du pays, on n’en a que faire !
Tu penses, de toute façon si ce n’est pas moi qui me présente, ce sera mon imbécile de parent qui l’aura ce poste ! Alors va-t’en jouer les plus royalistes que le roi maintenant. Chapeau messieurs ! Et croire encore que la lumière se fera au bout du tunnel.
Mais ce n’est pas demain la veille.
Muriel MATTA - Limassol
Les effets d’un monopole
Suite à vos deux récents articles « Faut-il supprimer le monopole de la MEA ? » et « Les Libanais de France protestent contre les tarifs exorbitants de la MEA »... sans vouloir accabler la compagnie nationale dont il faut reconnaître les mérites d’avoir survécu à la guerre et remonté la pente de faillite, il n’en reste pas moins que les prix pratiqués par le monopole MEA-Air France sont non seulement injustes envers la diaspora libanaise, mais aussi dissuasifs et contreproductifs par rapport au tourisme que l’État cherche à encourager par des campagnes publicitaires coûteuses à l’étranger.
Sans commentaires, puisque les chiffres parlent d’eux-mêmes : à la mi-mars, un billet aller-retour Paris-Beyrouth, valable pour 2 mois seulement, était facturé 633 euros (c’est-à-dire près de 750 US$) alors que, tels qu’affichés à l’aéroport CDG de Paris, voici les prix proposés par Air France pour des destinations 3 à 4 fois plus lointaines : Rio de Janeiro : 494 euros TTC ; Los Angeles : 494 euros TTC ; Mexico City : 616 euros TTC ; Pékin : 616 euros TTC... et Beyrouth à 633 euros.
De plus, les tarifs sur Amman ou Damas sont invariablement entre 25 et 30 % moins chers que sur Beyrouth.
Voilà les effets néfastes et pernicieux d’un monopole.
David C. CORM
Réforme du service militaire !
Si j’écris ce courrier, c’est pour demander aux autorités de notre pays de tenter une réforme du service militaire obligatoire, qui demande à chaque Libanais, dès sa majorité, de faire le service militaire.
Je ne mets nullement en cause la politique de notre gouvernement que je respecte.
Cela dit, même en supprimant le service obligatoire, beacoup de citoyens frapperont à la porte de l’armée pour y effectuer le service (les précédents le prouvent en Europe, par exemple !)
De plus, la durée de l’exercice militaire peut être revue à la baisse, c’est-à-dire réduite à 3 mois au lieu de 9 (un jeune pouvant ainsi faire ce que bon lui semble durant 9 mois, et l’été, effectuer son devoir civique).
Enfin, pour répondre à ceux qui diraient que le Liban se trouve dans une région peu stable sur le plan politico-militaire et que le service militaire serait ainsi légitimé, je précise qu’en cas de force majeure, le gouvernement pourrait obliger tous les jeunes Libanais à prendre les armes, et à défendre leur patrie.
Houssam MROUÉ – France
Un devoir envers soi et envers les autres
Un devoir envers soi et envers les autres. Cette phrase de Maurice Doumani, auteur d’une tribune sur les élections municipales publiée dans cette page, résume bien le sens d’un geste dont la portée, par ailleurs, demeure relativement réduite en raison de la situation d’exception que vit le pays. Le scrutin de dimanche, à Beyrouth, reste, malgré ces bémols, très attendu. À quand notre révolution pacifique, notre « révolution du jasmin » ? s’interroge un lecteur, Naji Jreïssati. Rêvons !
Dans notre courrier aussi, un hommage rendu au remarquable travail de Scarlett Haddad sur les conditions de la jeune femme en Arabie saoudite.
Par ailleurs, Leila Takieddine Arida conteste qu’on veuille donner à un jardin public situé dans le périmètre de Solidere un nom qui sent trop la « Shoah », tandis que Maurice Doumani relève ce que lui-même et les membres de sa famille ont eu à souffrir de Solidere. Décidément, ce dossier n’est pas clos, et les cicatrices laissées par la mise en route de ce projet ne sont pas fermées.
Les embarras de la circulation inspirent à l’un de nos lecteurs un pastiche où des vérités, dans lesquelles beaucoup se reconnaîtront, sont dites, tandis que Houssam Mroué revient sur un problème qui concerne tous les jeunes, celui du service militaire.
Fady NOUN
La prière d’un automobiliste
Je vous salue, monsieur l’agent, plein de grâces,
Vous qui souvent disparaissez sans même laisser de traces,
D’ailleurs votre présence engendrerait des complications
À une circulation dense et en pleine ébullition.
Seigneur ayez pitié de nous pauvres chauffeurs
Pensez un peu à tous nos tracas et à nos malheurs
Conduire, dans ce pays, devient une vraie calamité
Je n’improvise point, j’essaie de relater la vérité.
Mais au fond, inutile de vous garder rancune,
Des idées en la matière, vous n’en avez aucune.
À tout hasard, vous fûtes parachutés dans la rue
Comme si on mettait la bête derrière la charrue.
C’est aux grands responsables qu’il faut s’adresser
Et leur dire : que nous, chauffeurs, en avons assez
Et qu’au point où en sont déjà les choses
Bientôt, tous allons être atteints de nevrose.
Ô saint Christophe, s’il vous arrive de lire ces vers
À genoux je vous implore d’arrêter ce calvaire.
C’est un peuple entier qui souffre, c’est une nation,
De grâce, envers elle, ayez un peu de compassion.
Au nom de Dieu, faites cessez nos souffrances
À force de peiner, nous n’avons plus d’endurance,
Faites un miracle ou du moins, essayez d’en faire
Pour alléger nos maux et nous sortir de cet enfer.
Demander conseil aux spécialistes n’est pas une honte,
Votre système est vétuste et a besoin d’une refonte.
À quoi serviront les ports et les aéroports mirifiques
Si, pour les atteindre, il n’y a pas de moyens pratiques ?
Vous me direz que bientôt nous aurons l’hélicoptère,
Et je vous répondrai que moi j’ai les pieds sur terre,
Car celui qui meurt chaque jour un peu et lentement,
Pour voir l’hélico, il n’aura pas le temps, sûrement.
Roger KFOURY
Un « Jardin du pardon » pourquoi ?
Il est surprenant que personne ne se soit demandé pourquoi le seul jardin archéologique du centre-ville s’appellera Jardin du pardon, par décision de Solidere et de certains des promoteurs du projet, malgré une pétition signée il y a plus de deux ans par plus de 400 personnalités et personnes concernées et indignées. Cette pétition avait dûment été adressée au comité responsable, et deux rendez-vous pour en discuter avaient été annulés en dernière minute, sans justification aucune.
On peut demander qui doit pardonner quoi, et à qui ? Serait-ce Solidere qui s’attelle à amocher le reste d’un patrimoine et d’un plan de reconstruction qui a réussi la gageure de transformer rapidement un centre-ville détruit, une jungle au lendemain de la guerre, en un centre d’attraction de la ville et des touristes ? Ou bien des « promoteurs » qui se sont fait monnayer pour se mettre en avant et décider pour toutes les générations futures d’une appellation qu’ils n’ont jamais réussi à imposer ailleurs dans le monde ?
Resterons-nous toujours apathiques devant ce qui se passe chez nous ? C’est d’abord notre ville et celle de nos enfants et de leurs enfants, et c’est de les laisser faire sans aucune réaction de notre part. Il faut intervenir en masse auprès des autorités pour sauver au moins notre parc du « Bourj » d’un nom qui nous rappelle plutôt la « Shoah » juive. Et pourquoi pas Jardin du Bourj ou Jardin archéologique, tout simplement ? Il y a pleins d’exemples dans le monde : Central Park de New York, Hyde Park de Londres, Jardin du Luxembourg de Paris, Jardin des Tuileries, etc. tous leurs noms se rapportent à leur site géographique et non pas à une thèse personnelle.
Leila TAKIEDDINE ARIDA
Félicitations !
Je tenais à feliciter la rédaction concernant votre article sur la condition de la femme en Arabie saoudite et particulièrement à Djeddah (cf. Les articles de Scralett Haddad publiés mercredi 28 avril et vendredi 30 avril). Permettez-moi de me présenter : je suis Libanaise de naissance et j’ai grandi et étudié en France bien qu’aujourd’hui, pour un temps limité, je vive en Nouvelle-Zélande avec mon mari français. J’adore mes deux pays, mais vous ne pouvez pas savoir à quel point ça m’agace que les gens connaissent aussi peu mon pays d’origine et que je doive à chaque fois leur expliquer que la femme a des droits, qu’il y a des chrétiens, qu’il y a des endroits fabuleux dignes des plus grandes villes du monde, que c’est le pays par excellence de l’amusement, des fêtes et des bons vivants !
Et pour en revenir à votre article. Il y a quelques jours, j’ai eu une conversation « agitée » avec un Saoudien, ici en Nouvelle-Zélande, car il a comparé le mode de vie de Djeddah à celui de Beyrouth, et ça m’a choquée et meurtrie. Notamment par rapport à la condition de vie de la femme, et même de la vie en général. Les sorties : ciné, restos, night-clubs, l’homosexualité, la culture, les musées, les loisirs, le sport, tout quoi ! Est-ce qu’ils sont plus modernes que je ne pensais ? Franchement j’avais des doutes et votre article les a confirmés. Je vais m’empresser d’en traduire les grandes lignes en anglais et de les lui montrer ! Bien qu’en bonne Libanaise, je n’aie fait qu’une bouchée de ses propos. Comme on dit chez nous, « ghassalto ! ». Encore une fois, merci pour votre article et pour L’Orient-Le Jour qui reste incontestablement exceptionnel !
Gilberte LEBLANC
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