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Actualités - Chronologie

Voile - Karinne Fauconnier, l’histoire d’une femme skipper Homme-femme, même marin (photo)

La victoire de Karinne Fauconnier à la barre de Sergio Tacchini, lundi, dans la transatlantique Québec-Saint-Malo à la voile, illustre l’évolution des mentalités dans la course hauturière : pour le milieu, c’est d’abord un skipper qui a gagné. Karinne Fauconnier reste bien sûr la petite, par référence à Yvon le père, vainqueur notamment de la transat anglaise en 84. Karinne jouait tout enfant sur les ponts des bateaux où vivaient ses parents. Pour elle, le terrain de jeu c’était l’océan, pas du bord de la plage mais sur un voilier. Lorsque lassée de cela elle s’en est allée à la ville se livrer à d’autres activités – mannequinat, musique, cinéma –, le strass et les paillettes ont vite montré leurs limites. La vraie vie, pour elle, était ailleurs, sur les flots. C’est là qu’elle a grandi et c’est là qu’elle exercera son activité, comme skipper. Mais passer de l’état de la fifille d’un vénérable papa à celui de skipper l’obligeait à s’imposer dans un monde d’hommes et dans une activité d’hommes. S’imposer dans un monde d’hommes D’autant que ses petits camarades de jeu, Franck Cammas, Michel Desjoyeaux, Alain Gautier, Loïck Peyron, Jean-Luc Nélias, Thomas Coville et d’autres ne lui ont pas facilité la vie, plus par esprit taquin que par méchanceté. L’apprentissage n’a pas été facile. D’autant que Karinne Fauconnier, qui remporte la Lorient-Saint-Barthélémy 2000, se lance aussitôt dans la classe des trimarans de 60 pieds Open, suscitant bien des doutes sur ses capacités, et des jalousies. Ces bateaux sont les plus difficiles, à comprendre, à mener. Ils nécessitent de plus la direction d’une solide équipe à terre et la constitution d’équipages en course. Et pour s’imposer à un équipage, sur ces bateaux, le brevet se délivre dans les transatlantiques en solitaire. C’est dans la Route du Rhum 2002 que Karinne Fauconnier a démontré à ceux qui en doutaient qu’elle avait l’étoffe des grands marins. Elle a d’abord fait une réparation de fortune sur une première avarie avant d’être à nouveau victime du sort et contrainte à l’abandon, mais en ayant sauvé son bateau. Le respect avait été gagné et les vieux loups de mer, uniquement connus du milieu, qui sont toujours recherchés pour attaquer un record autour du monde, une transatlantique en équipage, n’hésitent pas à embarquer avec le capitaine Karinne Fauconnier. Comme Ronan Le Goff, qui dit : « Je choisis des skippers capables de gagner une course, Karinne en fait partie. »

La victoire de Karinne Fauconnier à la barre de Sergio Tacchini, lundi, dans la transatlantique Québec-Saint-Malo à la voile, illustre l’évolution des mentalités dans la course hauturière : pour le milieu, c’est d’abord un skipper qui a gagné.
Karinne Fauconnier reste bien sûr la petite, par référence à Yvon le père, vainqueur notamment de la transat anglaise en 84. Karinne jouait tout enfant sur les ponts des bateaux où vivaient ses parents. Pour elle, le terrain de jeu c’était l’océan, pas du bord de la plage mais sur un voilier.
Lorsque lassée de cela elle s’en est allée à la ville se livrer à d’autres activités – mannequinat, musique, cinéma –, le strass et les paillettes ont vite montré leurs limites. La vraie vie, pour elle, était ailleurs, sur les flots. C’est là qu’elle a grandi...