Défections et peur au ventre chez les policiers irakiens
le 14 juillet 2004 à 00h00
Alaa, l’officier de police irakien, n’a pas de gilet pare-balles, deux de ses collègues ont été tués, mais il continue son travail dans la périlleuse région au sud de Bagdad, en collaboration avec les militaires américains et en disant compter sur sa bonne étoile.
La zone comprenant les villes de Mahmoudiyah, Latifiyah et Youssoufiyah, à 30 km au sud de la capitale, est désormais surnommée « la nouvelle Falloujah » en raison des embuscades constantes visant les soldats américains et ceux qui sont accusés de « collaborer » avec l’occupant.
Le capitaine Alaa est parfaitement conscient d’avoir sérieusement raccourci son espérance de vie en acceptant de coopérer avec les forces américaines pour assurer la sécurité dans la région. « Bien sûr que j’ai peur. Mais je m’en remets au destin, alors cela n’a pas d’importance. Ici à Mahmoudiyah, nous détestons les lâches, nous n’avons pas peur d’aller à Latifiyah. Nous irons à Falloujah, nous irons n’importe où », affirme le policier de 38 ans, dont les cernes sous les yeux rappellent ses nuits de veille à son poste.
La violence des attaques depuis avril a miné le moral des policiers dans le secteur. Le coût en vies humaines est important chez les forces de l’ordre. Le poste de police de Mahmoudiyah témoigne lui-même physiquement des combats. Son entrée est défigurée par un cratère creusé par la chute d’un obus. Le commissariat de la ville voisine de Youssoufiyah a été pulvérisé par une explosion, le matériel de communication volé. Cela a permis aux rebelles d’écouter les échanges radio entre les policiers, voire de les insulter à l’occasion sur les ondes. Il n’y a actuellement plus de policiers dans cette commune. La violence a aussi plus qu’éclairci les rangs des policiers de Latifiyah, où 45 des 59 hommes engagés manquent à l’appel. Les assassinats se poursuivent dans la région.
Malgré leur air bravache, les hommes sous les ordres de Alaa ont en fait peur d’aller à Latifiyah et refusent l’idée d’une patrouille commune avec les Marines dans la zone. C’est le moment que choisit le nouveau chef de la police de Latifiyah pour annoncer qu’il démissionne : « Je suis à bout sur le plan mental, je ne veux plus être chargé de ces régions. »
Les insurgés et les policiers à Latifiyah appartiennent aux mêmes tribus, ce qui complique encore les choses.
Alaa, l’officier de police irakien, n’a pas de gilet pare-balles, deux de ses collègues ont été tués, mais il continue son travail dans la périlleuse région au sud de Bagdad, en collaboration avec les militaires américains et en disant compter sur sa bonne étoile.
La zone comprenant les villes de Mahmoudiyah, Latifiyah et Youssoufiyah, à 30 km au sud de la capitale, est désormais surnommée « la nouvelle Falloujah » en raison des embuscades constantes visant les soldats américains et ceux qui sont accusés de « collaborer » avec l’occupant.
Le capitaine Alaa est parfaitement conscient d’avoir sérieusement raccourci son espérance de vie en acceptant de coopérer avec les forces américaines pour assurer la sécurité dans la région. « Bien sûr que j’ai peur. Mais je m’en remets au destin, alors cela n’a...
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