L’euro, qui évoluait depuis quelques jours à son plus haut niveau en quatre mois face au dollar, s’est nettement replié hier après l’annonce d’une réduction inattendue du déficit commercial US en mai, pour la première fois depuis le début de l’année. La monnaie unique, qui avait atteint la veille durant les échanges européens 1,2440 $ avant d’achever la journée à 1,2413 $ à New York, a cédé sensiblement du terrain hier après l’annonce d’une baisse de 4,4 % du trou commercial US à 46 mds $ en mai contre 48,1 mds $ en avril. Cette réduction, qui a agréablement surpris les économistes qui tablaient sur un déficit de 48,3 mds $, n’a pas tardé à nourrir des anticipations de hausse des taux d’intérêt aux États-Unis dans la mesure où elle provenait d’une augmentation de 2,86 % des exportations US à 97,1 mds $ largement supérieure à celle de 0,42 % des importations qui n’ont pas dépassé 143,1 mds $. Ce développement, qui est censé préfigurer une certaine surchauffe de l’économie US, pourrait convaincre la Fed à relever une nouvelle fois son principal taux directeur d’un quart de point en pourcentage (à 1,50 %) lors de la prochaine réunion du 10 août de son comité de politique monétaire. Cela d’autant qu’on venait d’apprendre de l’AIE que la demande du pétrole brut devrait augmenter de 2,5 millions de b/j jusqu’à la fin de 2004, ouvrant la voie à une nouvelle hausse de ses prix et de l’inflation. Plus tôt dans la matinée, l’euro avait souffert aussi de l’annonce d’un déficit commercial en France de 263 mls EUR en mai et d’une forte hausse du rapport déficit public/PIB en Italie de 6 % au 4e trimestre 2003 à 6,1 % au 1er trimestre 2004, soit un ratio largement supérieur à l’objectif fixé à 3 % par le pacte de stabilité monétaire européenne. Il en est de même de l’annonce de la stabilité des prix à la consommation en France en juin après une hausse de 0,4 % en mai, excluant toute perspective de durcissement de la politique monétaire de la BCE. Eu égard à toutes ces considérations, nombre d’opérateurs ont estimé devoir prendre leurs gains sur l’euro, le faisant négocier finalement à New York à 1,2330 $ contre 1,2413 $ la veille, en baisse de 0,67 %.
Morosité des Bourses
Pourtant, la Bourse US s’est maintenue difficilement dans le positif hier, partagée entre le bon chiffre du déficit commercial et les inquiétudes sur les résultats des sociétés où le scepticisme abonde. À cet égard, le doublement des bénéfices de Johnson & Johnson au 2e trimestre a été neutralisé par les résultats décevants de Merrill Lynch et les inquiétudes entourant ceux d’Intel après la clôture. Cela d’autant qu’on venait d’apprendre que les ventes des grands magasins aux États-Unis sont restées stables la semaine dernière.
Quant aux Bourses européennes, elles ont terminé sur une légère hausse malgré le recul de l’euro qui a profité aux exportateurs et surtout aux constructeurs automobiles soutenus aussi par les bons chiffres de ventes en juin.
À la Bourse de Beyrouth, on a relevé la remontée des actions A et B de Solidere de 7,85 $ à 7,90 $ et de 7,86 $ à 7,92 $ respectivement.
Élie KAHWAGI
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’euro, qui évoluait depuis quelques jours à son plus haut niveau en quatre mois face au dollar, s’est nettement replié hier après l’annonce d’une réduction inattendue du déficit commercial US en mai, pour la première fois depuis le début de l’année. La monnaie unique, qui avait atteint la veille durant les échanges européens 1,2440 $ avant d’achever la journée à 1,2413 $ à New York, a cédé sensiblement du terrain hier après l’annonce d’une baisse de 4,4 % du trou commercial US à 46 mds $ en mai contre 48,1 mds $ en avril. Cette réduction, qui a agréablement surpris les économistes qui tablaient sur un déficit de 48,3 mds $, n’a pas tardé à nourrir des anticipations de hausse des taux d’intérêt aux États-Unis dans la mesure où elle provenait d’une augmentation de 2,86 % des exportations...