L’euro s’est redressé face au dollar hier sur les marchés des changes après la publication des demandes hebdomadaires d’allocations chômage aux États-Unis qui ont déçu les attentes des investisseurs. La monnaie unique, qui avait reculé à 1,1779 $ dans la matinée, retombant ainsi à son plus bas niveau depuis le 26 novembre, s’est reprise ensuite, profitant notamment du recul des demandes d’allocations chômage aux États-Unis de 9 000 seulement pour totaliser 353 000 au cours de la semaine achevée le 17 avril par rapport à la semaine précédente. Ce chiffre, moins bon que ce qu’attendaient les économistes, qui tablaient sur une baisse de 22000 demandes initiales pour la semaine sous revue (à 340 000), a montré que la forte progression des créations d’emplois aux États-Unis en mars (308 000), qui avait pris de court le marché, ne devrait pas se reproduire en avril. Autre chiffre pesant sur le dollar: l’indice des prix à la production aux États-Unis, qui a augmenté de 0,5 % en mars par rapport à février et de 0,2 % (hors alimentation et énergie), remettant en question le scénario d’un prochain relèvement des taux d’intérêt de la Fed lors des deux prochaines réunions de son comité de politique monétaire, le 3 mai et le 30 juin. La veille, le président de la Fed, Alan Greenspan, avait prévenu, lors de son témoignage devant le Congrès qu’il devrait un jour remonter les taux US pour empêcher toute émergence de l’inflation. Dans son Livre beige publié la veille aussi, la Fed avait indiqué que la croissance généralisée de l’économie US ne s’est accompagnée jusqu’à présent que d’une hausse modeste des embauches, ce qui ne semble pas justifier un resserrement monétaire imminent aux États-Unis. Cela étant, les opérateurs ont passé outre à la forte baisse de 1,4 % des dépenses de consommation des ménages français en mars, qui avait pesé dans la matinée sur l’euro, et se sont mis à le racheter après les chiffres US de l’emploi et de l’inflation, le faisant négocier à New York à 1,1905 $ contre 1,1835 $ la veille, en hausse de 0,59 %.
Reprise des Bourses sous la conduite de Wall Street
La Bourse US, cessant de s’inquiéter à propos d’un prochain relèvement des taux d’intérêt par la Fed, a franchement renoué avec les gains. Elle a profité aussi des bons résultats de sociétés, comme Caterpillar, Boeing, UPS, Kellogg, Ebay, JetBlue, Merck, Kimberly-Clark pour s’installer confortablement dans le vert.
Il en est de même des Bourses européennes qui ont terminé sur une forte hausse dans le sillage de Wall Street. La bataille pour le contrôle d’Aventis a en outre relancé les spéculations à la hausse des pharmaceutiques avec l’entrée en lice du suisse Novartis qui a présenté une offre d’achat plus généreuse que celle de Sanofi-Synthélabo. Les constructeurs automobiles et les télécoms ont également soutenu la tendance avec les valeurs cycliques.
À la Bourse de Beyrouth, la cote a été tirée par le rebond des actions A de Solidere de 6,01 $ à 6,29 $ ainsi que par la hausse des actions de la Bank of Beirut de 11,56 $ à 11,64 $.
Élie KAHWAGI
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