Le mur de séparation construit par Israël en Cisjordanie aligne sur des centaines de kilomètres barbelés, clôtures électriques et murs.
Ce mur, dont 196 kilomètres ont été achevés, est destiné selon Israël à empêcher des attentats palestiniens sur son territoire ou des attaques contre des colonies juives en Cisjordanie, ainsi que l’entrée « illégale » de Palestiniens en Israël et à Jérusalem-Est annexée. Les responsables militaires israéliens soulignent que là où elle est achevée, dans le nord de la Cisjordanie, la ligne a permis de réduire de façon spectaculaire le nombre d’attentats-suicide dans le nord d’Israël. Les responsables palestiniens, qui qualifient la barrière de « mur de l’apartheid », soulignent pour leur part les graves dommages causés à la population palestinienne par cet ouvrage et accusent Israël d’enclaver les Palestiniens par ce biais dans une série de bantoustans.
Le mur, qui sera long de 730 km une fois achevé, est l’un des projets les plus coûteux jamais réalisés par Israël avec un coût estimé à 3,4 milliards de dollars. Les autorités israéliennes espèrent terminer avant fin 2005 les travaux lancés en juin 2002. Mais la construction pourrait être ralentie dans le secteur de Jérusalem après la décision de la Cour suprême d’Israël le 30 juin de modifier le tracé sur une trentaine de kilomètres, pour réduire les atteintes aux droits des Palestiniens. L’arrêt sans précédent a été rendu à la suite d’un recours présenté par les conseils municipaux de huit villages palestiniens, où vivent 35 000 habitants affectés par le mur au nord-ouest de Jérusalem. La cour a justifié le principe de la construction de l’ouvrage pour des raisons de sécurité mais non son tracé, qui s’enfonce en Cisjordanie.
Ce mur, appelé officiellement « clôture de prévention du terrorisme » par Israël, est constitué le plus souvent d’une clôture grillagée d’une hauteur de trois mètres équipée d’un dispositif électronique pour détecter les infiltrations, renforcé par des barbelés, d’un fossé et d’une piste pour patrouilles.
Dans des secteurs urbains, comme à Tulkarem et Kalkiliya dans le nord de la Cisjordanie ou à Abou Dis dans les faubourgs de Jérusalem-Est, la ligne est un véritable mur composé de blocs de béton hauts de huit mètres.
Plusieurs « portes » ont été laissées dans le mur pour permettre en principe aux Palestiniens munis de permis nécessaires de se déplacer d’un côté à l’autre. Il est prévu en outre de doubler le mur à l’est de l’aéroport international Ben-Gourion, près de Tel-Aviv, une première ligne épousant grosso modo la frontière avec la Cisjordanie, à sept kilomètres de l’aéroport, et une seconde à une quinzaine de kilomètres en Cisjordanie même.
En fin de compte, l’ouvrage devrait englober 80 % des quelque 220 000 colons habitant la Cisjordanie, sans compter Jérusalem-Est occupée et annexée. Mais des dizaines de petites colonies situées au cœur de la Cisjordanie se retrouveront à l’extérieur du mur.
Selon un rapport du bureau de l’Onu pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), seulement 11 % du tracé du mur de séparation colle à la « ligne verte » séparant la Cisjordanie du territoire israélien.
Par conséquent, plus de 274 000 Palestiniens vivant dans 122 villages et villes vont « vivre dans des zones fermées – entre le mur et la ligne verte – ou dans des enclaves totalement entourées par le mur », selon le document.
Environ 850 km2 du territoire de la Cisjordanie, à l’exception de Jérusalem-Est, soit 14,5 %, se retrouveront du « mauvais côté » du mur, c’est-à-dire dans la partie contrôlée par Israël.
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Ce mur, dont 196 kilomètres ont été achevés, est destiné selon Israël à empêcher des attentats palestiniens sur son territoire ou des attaques contre des colonies juives en Cisjordanie, ainsi que l’entrée « illégale » de Palestiniens en Israël et à Jérusalem-Est annexée. Les responsables militaires israéliens soulignent que là où elle est achevée, dans le nord de la Cisjordanie, la ligne a permis de réduire de façon spectaculaire le nombre d’attentats-suicide dans le nord d’Israël. Les responsables palestiniens, qui qualifient la barrière de « mur de l’apartheid », soulignent pour leur part les graves dommages causés à la population palestinienne par cet ouvrage...