L’euro a évolué dans des marges étroites à la hausse face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux, en dépit du fort recul de l’indice d’activité des services calculé par les directeurs d’achats US du secteur (ISM) de 65,2 points en mai à 59,9 points en juin. La baisse de l’activité dans ce secteur, qui représente les 4/5es de l’économie US, n’est pas parvenue à dynamiser durablement la monnaie unique. Celle-ci, qui avait ainsi grimpé à 1,2330 $, a dû ensuite se replier à 1,2270 $ avant de fluctuer autour du seuil de résistance de 1,23 $ jusqu’à la clôture. À cela auraient contribué l’annonce par le cabinet-conseil Challenger, Gray & Christmas d’une baisse de 12,3 % des annonces de suppressions d’emplois dans les entreprises US en juin (voir par ailleurs), et la diminution de 1,3 % des ventes de détail dans la zone euro en mai selon Eurostat. D’autant qu’on venait d’apprendre du président de la Bundesbank, Axel Weber, que le niveau actuel des taux d’intérêt dans la zone euro était « approprié », et du gouverneur de la Banque centrale du Luxembourg, Yves Mersch, que la BCE, dont il est aussi membre de son directoire, ne réagira en aucun cas de manière précipitée aux risques inflationnistes. Dans ce contexte, les opérateurs, excluant toute perspective de relèvement du loyer de l’euro, se sont montrés indifférents à la révision en hausse par le FMI de ses prévisions de croissance pour l’Allemagne cette année de 1,6 % à 1,8 % et aux nouvelles selon lesquelles le nombre de chômeurs dans ce pays aurait reculé en juin d’un millier de personnes à 4,375 millions, pour la 1re fois depuis janvier. Il en est de même de l’annonce en France que le baromètre BPLG mesurant le moral des chefs d’entreprises a augmenté de 9 points en mai à 23 points en juin, bien qu’il témoigne d’un regain d’optimisme dans leurs prévisions de chiffres d’affaires et de résultats financiers. Cela étant, l’euro a dû finalement se négocier à New York sur un ton hésitant à la hausse à 1,2290 $ contre 1,2280 $ la veille (+0,08 %).
Les Bourses déprimées
Le bond des cours du brut et le recul de l’indice ISM des services aux États-Unis ont lourdement pesé hier sur la Bourse US. Les valeurs aériennes et automobiles ont donc le plus souffert de l’envolée des prix pétroliers pendant que le secteur des logiciels pâtissaient après que Veritas eut avoué que la chute de son activité en juin l’avait forcée à revoir ses résultats en baisse pour 2004.
Phénomène identique de l’autre côté de l’Atlantique où les Bourses européennes ont été déprimées aussi par la flambée du pétrole ainsi que par les avertissements sur résultats lancés par le lessivier Henkel, le laboratoire pharmaceutique Altana et Carrefour. Cela d’autant qu’on venait d’apprendre de la Fédération des constructeurs automobiles allemands qu’elle a revu en baisse ses prévisions d’immatriculations de voitures neuves cette année.
À la Bourse de Beyrouth, la tendance est restée mitigée avec la baisse des actions A de Solidere de 7,85 $ à 7,83 $ et la hausse des actions B de 7,79 $ à 7,81 $.
Élie KAHWAGI
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