Les rebelles et les Irakiens opposés à l’occupation ne semblent pas prêts à épouser la cause de l’ancien président Saddam Hussein, dont le procès se prépare activement à Bagdad, estiment des analystes. Même si la rébellion fait rage depuis un an à travers le pays, peu d’insurgés ont appelé à un retour de Saddam Hussein.
« Je doute qu’il y ait des manifestations en sa faveur du moment qu’il n’est plus l’homme le plus populaire du pays », a souligné Joost Hiltermann, un expert de l’Irak au sein de l’International Crisis Group. Selon lui, « la rébellion a pris soin à différentes occasions de prendre ses distances avec le parti Baas, même si elle compte des anciens du régime » de Saddam Hussein. Selon M. Hiltermann, Saddam Hussein, qui se considère comme un héros arabe, est plus populaire dans les autres pays arabes qu’en Irak, car « la plupart des peuples de la région n’ont pas apprécié à sa juste valeur l’étendue de la répression du régime baassiste », souligne cet analyste. Selon lui, la prochaine cible de la rébellion pourrait être la conférence nationale prévue pour fin juillet pour désigner une Assemblée provisoire et les élections générales de janvier 2005. « Cette rébellion n’est pas animée par une volonté de restaurer la souveraineté de l’Irak, elle a quelque chose à voir, selon lui, avec la profonde colère ressentie par les Irakiens qui considèrent qu’ils n’ont pas bénéficié de la chute de l’ancien régime », a conclu M. Hiltermann.
David Mack, ancien ambassadeur américain et actuel vice-président du Middle East Institute à Washington, va dans le même sens en relevant que les appels à un retour de Saddam Hussein ont été rares depuis sa chute en avril 2003. « Durant tous ces enlèvements, ces assassinats et ces appels hostiles aux États-Unis, personne n’a demandé, à ma connaissance, y compris Zarqaoui, la libération de Saddam Hussein », a-t-il dit en référence au Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, désigné comme l’ennemi public numéro un en Irak. L’absence de tels appels, notamment de la part de Zarqaoui, tend à renforcer selon lui le doute sur la thèse de Washington sur les liens entre le régime de Saddam Hussein et le réseau el-Qaëda. « En dehors de l’Irak, el-Qaëda a fait certaines annonces soutenant le peuple irakien, mais à l’intérieur personne n’a clamé son soutien à Saddam Hussein », a poursuivi M. Mack qui avait été ambassadeur dans plusieurs pays de la région.
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