L’euro a évolué dans des marges étroites à la baisse face au dollar sur les marchés des changes, après un deuxième discours d’Alan Greenspan, devant la commission économique du Congrès US. Le président de la Fed a répété le message de la veille, présageant une prochaine hausse des taux d’intérêt US, mais les analystes se sont focalisés hier sur une remarque selon laquelle il n’y avait pas de pressions inflationnistes générales aux États-Unis pour le moment, sous-entendant ainsi que le durcissement du crédit ne devrait pas avoir lieu de sitôt. « Les taux d’intérêt devront un jour remonter pour empêcher l’émergence de toute pression inflationniste sur les prix » a-t-il indiqué, tout en observant que la période prolongée de taux bas qu’ont connue les États-Unis (depuis la mi-juin 2003) n’a « pour le moment pas créé un environnement dans lequel des pressions inflationnistes généralisées semblent se former ». Cette dernière phrase a été donc interprétée par les observateurs comme un signal que la Fed ne procédera pas à un relèvement de son principal taux directeur lors des deux prochaines réunions de son comité de politique monétaire, le 3 mai et le 30 juin. Cette prévision a été renforcée par le rapport semi-annuel du FMI paru hier (voir par ailleurs) et qui est fondé sur l’hypothèse d’un resserrement modéré de la politique monétaire US, avec un début de hausse des taux d’intérêt au second semestre 2004. Cela d’autant qu’on venait d’apprendre du président de la banque de réserve de San Francisco, Robert Parry, que « le problème important des responsables de la Fed est de déterminer quand le processus inflationniste devrait démarrer aux États-Unis ». Et d’ajouter que « les chiffres récents ont montré que l’inflation de base augmente très peu par rapport au taux exceptionnellement bas observé l’année dernière ». Eu égard à toutes ces considérations, l’euro, qui était retombé à 1,1815 $, devait finalement se négocier à New York sur un ton résistant, à 1,1835 $ contre 1,1865 $ la veille, réduisant ses pertes à 0,25 %.
La Bourse US a été moins unanime à la baisse, après la publication de bons résultats de sociétés, parmi lesquelles JP Morgan Chase, Sears, Honeywell, United Tech., Coca-Cola, Ford et Motorola... Mais la prudence restait de rigueur, sur fond d’inquiétude au sujet d’un prochain relèvement des taux d’intérêt US. De ce fait, le marché, qui avait flanché la veille après le premier discours de Greenspan, peinait à se trouver une tendance. Il a évolué ainsi de part et d’autre de la clôture de mardi.
Quant aux Bourses européennes, elles ont au contraire reculé, subissant des prises de bénéfices entraînées par les craintes de hausse des taux d’intérêt US. Ce mouvement a été conduit par les bancaires, premières handicapées par le renchérissement du crédit, alors que les valeurs technologiques et surtout les cycliques étaient à la peine.
À la Bourse de Beyrouth, les actions A et B de Solidere ont continué sur leur lancée de la veille en remontant de 5,85 $ à 6,01 $ et de 5,62 $ à 5,90 $ respectivement.
Élie KAHWAGI
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