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Actualités - Chronologie

Environnement Les ours polaires en sursis

Il y a, dit-on, presque autant d’ours blancs que d’hommes sur l’archipel norvégien du Svalbard, à un petit millier de kilomètres du pôle nord. Plus pour longtemps, redoutent toutefois les experts. L’ours polaire, espèce théoriquement protégée, est exposé à un nombre croissant de périls d’origine humaine, à tel point qu’il pourrait être rayé de la surface de la planète en l’espace de quelques décennies. « Il y a un grand risque pour que l’ours polaire disparaisse purement et simplement », affirme la Canadienne Kit Kovacs, directrice de recherches sur la biodiversité à l’Institut polaire norvégien. Une menace s’estompe, une autre se profile: à peine l’interdiction de substances nocives, telles que les PCB (polychlorobiphényles) ou le DDT, commence-t-elle à faire son effet que le roi de la banquise est exposé à de nouveaux produits tels que le mercure ou les ignifugeants bromurés. À la stupeur des scientifiques, des traces d’ignifugeants – abondamment utilisés dans l’électronique, les textiles ou l’industrie automobile – viennent en effet d’être retrouvées pour la première fois dans l’organisme d’ours polaires au Svalbard. Ce groupe d’îles abrite environ 2000 des quelque 25000 ursidés vivant dans le Grand Nord. L’animal y est pour l’heure tellement répandu que l’on doit quitter les zones habitées un fusil à l’épaule. Mais peut-être pourra-t-on bientôt laisser son arme sur le mur du salon. Car, si leur impact sur la santé de l’animal n’est pas encore exactement connu, toutes ces substances novices sont soupçonnées d’endommager son système de défense immunitaire et ses fonctions de reproduction. Ces dernières années ont ainsi vu l’apparition d’ourses... « pseudo hermaphrodites », des femelles dont les organes sexuels sont devenus si protubérants qu’ils ressemblent à des pénis. « Ces substances sont produites au Sud, dans les zones industrielles comme l’Amérique du Nord, la Russie et l’Europe. Elles s’évaporent et se déposent dans l’Arctique », affirme Bjarne Otnes, responsable des questions d’environnement du gouvernement local du Svalbard. « Ici, elles s’introduisent dans la chaîne alimentaire, d’abord dans les algues. Puis les algues sont mangées par les petits poissons, les petits poissons par de plus gros poissons, les plus gros poissons par les phoques et les phoques par l’ours polaire », explique-t-il.
Il y a, dit-on, presque autant d’ours blancs que d’hommes sur l’archipel norvégien du Svalbard, à un petit millier de kilomètres du pôle nord. Plus pour longtemps, redoutent toutefois les experts.
L’ours polaire, espèce théoriquement protégée, est exposé à un nombre croissant de périls d’origine humaine, à tel point qu’il pourrait être rayé de la surface de la planète en l’espace de quelques décennies. « Il y a un grand risque pour que l’ours polaire disparaisse purement et simplement », affirme la Canadienne Kit Kovacs, directrice de recherches sur la biodiversité à l’Institut polaire norvégien. Une menace s’estompe, une autre se profile: à peine l’interdiction de substances nocives, telles que les PCB (polychlorobiphényles) ou le DDT, commence-t-elle à faire son effet que le roi de la...