L’euro a présenté hier une grande résistance aux influences baissières en provenance d’indicateurs US renforçant le scénario d’un possible relèvement des taux d’intérêt de la Fed qui est censé doper le dollar. La monnaie unique, qui était tombée brièvement jusqu’à 1,1869 $, soit son plus bas niveau depuis le 26 novembre, quelques minutes après l’annonce d’une hausse de 0,5 % des prix à la consommation aux États-Unis en mars et d’une baisse de 3,22 % du déficit commercial US à 42,1 mds $ en février, a fini par reprendre l’intégralité du terrain perdu face au dollar et évoluer même au-dessus de son niveau de la veille. Elle a résisté donc plutôt bien par comparaison aux autres devises, comme le sterling et le yen, ce qui suggère que l’évolution récente des marchés des changes est gouvernée par la robustesse du dollar et non par la faiblesse de l’euro. Donc s’il est vrai qu’un relèvement des taux d’intérêt par la Fed permettrait d’attirer des fonds vers des actifs US, cela ne suffira probablement pas à assurer une progression continue du billet vert face à l’euro dont les fondamentaux économiques ne sont pas mauvais. Cela d’autant que les risques géopolitiques et la dégradation des déficits présents et prévus du budget fédéral US devraient freiner le mouvement ascensionnel du billet vert. Il en est de même des conjectures selon lesquelles la Maison-Blanche serait favorable à un dollar faible pour soutenir la croissance avant l’élection présidentielle. Cela étant, et compte tenu aussi de la persistance des signes inflationnistes dans la zone euro avec la hausse de 0,4 % des prix à la consommation en France et de 0,3 % en Allemagne et en Italie le mois dernier, toute perspective d’un prochain assouplissement de la politique monétaire de la BCE semble pour le moment écartée. Ce phénomène a donc joué à l’actif de l’euro qui est parvenu à achever la journée d’hier à New York à 1,1965 $ contre 1,1945 $ la veille (+0,17 %).
Les Bourses s’enlisent à cause de l’inflation US et d’Intel
La crainte d’une hausse des taux d’intérêt US a pesé sur les marchés boursiers des deux côtés de l’Atlantique. Wall Street devait ainsi repasser dans le rouge après une incursion dans le vert, souffrant de la nervosité suscitée par la surchauffe de l’économie US. La publication par Intel d’un bénéfice par action au 1er trimestre de 0,26 $ au lieu de 0,27 $, comme attendu, et par la Bank of America d’un BPA de 1,83 $ au lieu de 1,85 $ a donc déçu le marché ainsi que l’annonce par Delta d’une perte plus importante que prévu sur la même période.
Les Bourses européennes se sont installées aussi en territoire négatif en réaction aux chiffres mal accueillis d’Intel et aux statistiques US sur l’inflation. Les valeurs sensibles aux taux US ont donc été les plus pénalisées, comme les bancaires et les cycliques, ainsi que les technologiques qui ont piqué du nez avec Intel.
À la Bourse de Beyrouth, la tendance était soutenue par la hausse des actions A et B de Solidere de 5,19 $ à 5,21 $ et de 5,17 $ à 5,22 $ respectivement.
Élie KAHWAGI
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’euro a présenté hier une grande résistance aux influences baissières en provenance d’indicateurs US renforçant le scénario d’un possible relèvement des taux d’intérêt de la Fed qui est censé doper le dollar. La monnaie unique, qui était tombée brièvement jusqu’à 1,1869 $, soit son plus bas niveau depuis le 26 novembre, quelques minutes après l’annonce d’une hausse de 0,5 % des prix à la consommation aux États-Unis en mars et d’une baisse de 3,22 % du déficit commercial US à 42,1 mds $ en février, a fini par reprendre l’intégralité du terrain perdu face au dollar et évoluer même au-dessus de son niveau de la veille. Elle a résisté donc plutôt bien par comparaison aux autres devises, comme le sterling et le yen, ce qui suggère que l’évolution récente des marchés des changes est...