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Actualités - Chronologie

Société Shocking... les cabines téléphoniques rouges en voie de disparition

À peu près aussi incontournables dans le paysage londonien que les bus à impériales ou Big Ben, les mythiques cabines téléphoniques rouges, nées il y a près de 80 ans, sont aujourd’hui une espèce en voie d’extinction, condamnées par l’essor des téléphones portables. Encore recensées à 15 000 exemplaires à travers la Grande-Bretagne, contre 60 000 à leur apogée, les fameuses K6 ne seront bientôt que des souvenirs pour touristes, à Trafalgar Square ou Piccadilly Circus. Sur ses 75 000 cabines téléphoniques encore existantes, British Telecom a en effet récemment confirmé son intention d’en supprimer 10 000 de plus, dont une bonne partie de ces « Red Boxes » conçues par Giles Gilbert Scott, l’architecte de la cathédrale anglicane de Liverpool, en 1926. « Bien sûr, nous aimerions garder le plus possible de ces vieilles cabines téléphoniques, a plaidé Les King, porte-parole de British Telecom. Elles sont jolies mais, pour les enfants ou les personnes âgées, leurs portes sont très lourdes et elles ne disposent pas de système de ventilation, comme les nouveaux modèles . » Mais BT est beaucoup plus prosaïquement motivé par des raisons purement financières. Il est vrai qu’avec 84% des Britanniques désormais propriétaires d’un portable, les cabines téléphoniques classiques sont peu à peu au chômage technique. Les revenus tirés des cabines téléphoniques ont ainsi chuté de 40% lors des trois dernières années et le nombre d’appels effectués depuis les téléphones publics a baissé de moitié sur la même période, faisant de ces mastodontes de près de 750 kilos de métal des dinosaures en voie de disparition, recherchées activement par les nostalgiques. Si les K2 d’origine, de Giles Gilbert Scott, ne sont plus que quelques dizaines, les K6, le modèle mondialement connu décliné par le même architecte en 1936 à l’occasion du jubilé du roi George V, sont très prisées par les collectionneurs. Sur Internet (www.britishbits.co.uk par exemple) une K6 remise à neuf, mais sans téléphone, est ainsi estimée à quelque 4 500 livres (environ 6 525 euros), la coque seule étant vendue à près de 2 200 livres (3 190 euros), une K2 étant de son côté évaluée à 8 500 livres (plus de 12300 euros). « La plupart des acheteurs les utilisent comme ornements de jardins », explique-t-on auprès de Unicorn Kiosk Restorations, une entreprise britannique de Mertham, dans le Surrey (sud de l’Angleterre), spécialisée dans la restauration des cabines téléphoniques de BT une fois celles-ci mises à la retraite. « Mais nous en avons aussi installé une dans un bunker de l’Otan », a précisé une porte-parole de la société, qui compte parmi ses clients l’ancien rocker britannique Cliff Richard ou le capitaine de l’équipe de France de football, Marcel Desailly. Dans l’atelier de l’entreprise, la plupart des cabines entre les mains des ouvriers sont des K6. Mais Reg Lewis, le patron d’Unicorn Kiosk Restorations, voit parfois passer d’autres modèles de la gamme, depuis le K4, « le géant vermillon », cette version du début des années 30 qui incorporait une boîte aux lettres et deux machines automatiques de vente de timbres, jusqu’au K8, le modèle conçu par Bruce Martin en 1968. Et chaque cabine se voit bien sûr appliquer son « rouge » d’origine. Que ce soit le « rouge bureau de poste » numéro 538 des modèles K2 à K7 ou le « rouge coquelicot » numéro 539 adopté pour les K8. Sans compter ces modèles plus récents comme ces cabines « jaune télécom » de 1981 ou ces très rares cabines vertes, commandées par British Steel à des fins promotionnelles.

À peu près aussi incontournables dans le paysage londonien que les bus à impériales ou Big Ben, les mythiques cabines téléphoniques rouges, nées il y a près de 80 ans, sont aujourd’hui une espèce en voie d’extinction, condamnées par l’essor des téléphones portables.
Encore recensées à 15 000 exemplaires à travers la Grande-Bretagne, contre 60 000 à leur apogée, les fameuses K6 ne seront bientôt que des souvenirs pour touristes, à Trafalgar Square ou Piccadilly Circus.
Sur ses 75 000 cabines téléphoniques encore existantes, British Telecom a en effet récemment confirmé son intention d’en supprimer 10 000 de plus, dont une bonne partie de ces « Red Boxes » conçues par Giles Gilbert Scott, l’architecte de la cathédrale anglicane de Liverpool, en 1926.
« Bien sûr, nous aimerions garder le plus...