L’euro est resté ferme face au dollar sur les marchés des changes, alors qu’en l’absence d’indicateurs économiques importants aux États-Unis, les opérateurs se sont focalisés encore une fois hier sur le contexte géopolitique défavorable au billet vert avec la dégradation de la situation en Irak. Depuis plusieurs jours, les investisseurs s’attardent sur la situation dans ce pays qui fait craindre une escalade de la violence et des actes terroristes contre les intérêts US. Dans ce contexte, le dollar a pâti également des mauvaises performances de Wall Street qui reculait en raison de la situation en Irak et des résultats trimestriels inférieurs aux attentes publiés par de grandes entreprises US, comme Alcoa, qui annoncent une période difficile pour les placements aux États-Unis. Cela étant, l’euro est parvenu hier à balayer les nouvelles qui pourraient être négatives pour lui comme l’annonce que le président de la Bundesbank s’est « mis en congé » de ses fonctions à la suite des accusations dont il est l’objet depuis quelques jours (voir par ailleurs) et la révision par la Commission européenne de ses prévisions de croissance économique en 2004 dans la zone euro de 1,8 % à 1,7 %. Au contraire, il a trouvé un certain appui dans l’annonce d’une hausse de 0,3 % des commandes dans l’industrie allemande en février contre une baisse de 1,3 % en janvier, ainsi que dans la progression de 1,1 % du chiffre d’affaires du commerce de gros en France en janvier sur décembre. Compte tenu de toutes ces considérations et eu égard aussi à la maigre augmentation des crédits à la consommation en février aux États-Unis de 4,2 milliards $ contre 15,8 milliards $ en janvier, l’euro a continué d’être activement recherché, se négociant finalement à New York à 1,2175 $ contre 1,2090 $ la veille, en nouvelle hausse de 0,70 %.
En Bourse, les résultats trimestriels d’Alcoa (inférieurs aux attentes) et la très forte dégradation de la situation en Irak ont continué à peser sur Wall Street et le Nasdaq, cela d’autant que les considérations géopolitiques accentuaient la hausse du brut aux États-Unis, déclenchée par la récente baisse des stocks dans ce pays. En outre, l’annonce par Pratt & Whitney, une filiale de United Technologies, qu’elle a été écartée par Boeing pour la motorisation de son futur avion superéconomique 7E7 « Dreamliner » a déçu les opérateurs.
Phénomène identique en Europe où toutes les Bourses du Vieux Continent ont cédé davantage du terrain hier, dans des marchés calmes et prudents avant le long week-end pascal. La remontée de l’euro face au dollar a aussi pesé sur la tendance dans la mesure où elle pénalise les sociétés exportatrices, pendant que le secteur des télécoms continuait à souffrir de l’avertissement de Nokia sur résultat et chiffre d’affaires.
À la Bourse de Beyrouth, les actions Solidere ont été diversement traitées à la baisse de 5,20 $ à 5,17 $ pour la catégorie A et à la hausse de 5,13 $ à 5,17 $ pour la catégorie B.
Élie KAHWAGI
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