Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître : l’édition 2003 du Beirut International Marathon (BIM) aura été un énorme succès. Un record d’affluence, une superbe ambiance, un parcours idéal... Bref , la présidente et organisatrice, Mme May el-Khalil, dresse un bilan plus que positif de ce premier marathon international disputé au Liban. Et à l’instar de New York, Londres, Paris, Beyrouth accueillera désormais chaque année « son » épreuve.
Mais plus qu’un défi sportif, c’est une prouesse politique qui a été réalisée. En effet, les organisateurs avaient mis le paquet, ne reculant devant aucun effort pour assurer le succès de l’évènement, premier du genre au Proche-Orient. Forts de leur réussite, May el-Khalil et son association espèrent que l’édition 2004 sera tout aussi prometteuse.
L’Orient-Le Jour : Quel regard portez-vous sur la première édition du marathon de Beyrouth ?
May el-Khalil : Mon but principal en organisant le marathon était de rassembler des coureurs du monde entier dans la capitale libanaise. Notre but était d’encourager tout le monde venir au Liban. Dans ce sens-là, le Beirut International Marathon a été un énorme succès, dans la mesure où nous avions réussi à réunir pas moins de 6 000 coureurs, venant de 49 pays différents.
Je suis heureuse, car ce marathon était aussi une occasion pour les participants libanais et étrangers de découvrir une des plus belles villes du monde.
O-J : Quels sont vos objectifs pour le marathon 2004 ?
M. K. : En tant qu’association recherchant la perfection, nous avons immédiatement analysé l’événement sur le plan sportif et technique, grâce aux milliers de commentaires reçues par les coureurs et les médias. Toutes les petites imperfections signalées ont été attentivement passées en revue dès le lendemain de la course.
Nous sommes donc persuadés que l’édition 2004 sera meilleure que la précédente. Il est normal que la première édition d’un événement d’une telle ampleur serve en quelque sorte de test, d’évaluation, et nous ferons en sorte de ne plus rencontrer les mêmes problèmes que l’année dernière.
O-J : Justement, quels genres de problèmes avez-vous rencontrés ?
M. K. : Plusieurs personnes se sont plaintes du manque de stations de ravitaillement, surtout à la fin du parcours. Nous y remédierons, évidemment.
Sur un autre plan, la retransmission médiatique n’était pas au point. Les reporters se sont légèrement perdus dans leurs commentaires sur les festivités, plutôt que de se concentrer sur la course elle-même, et plus spécialement sur les athlètes de tête.
Enfin, j’encourage les Libanais qui participeront à ne pas attendre le dernier jour pour leur inscription. Un gros problème a été créé par le fait que quelque 1 500 coureurs ont retardé leur inscription jusqu’à la date limite prévue. Pour faciliter l’organisation, j’invite donc toutes les personnes désirant participer au marathon 2004 à s’inscrire avant le 15 août, auprès du siège de l’association à Hazmieh, sur notre site web, www.beirutmarathon.org ou dans tous les bureaux de LibanPost.
O-J : Y’aura-t-il des changements en 2004?
M. K. : Des innovations en ce qui concerne les animations seront proposées avant la course pour rendre l’événement encore plus attrayant. Le « Marathon Village » sera agrandi et des activités sportives se dérouleront tout au long de la semaine qui précèdera le jour J.
O-J : Le trajet de la course restera donc inchangé ?
M. K. : Non. L’itinéraire sera modifié, et plus particulièrement le départ, qui ne sera plus donné à la place des Martyrs, mais du côté de Biel, où la chaussée est beaucoup plus large, ce qui facilitera la procédure de départ. Les coureurs se dirigeront ensuite vers le club Saint-Georges, puis vers le Bain militaire, etc. Par ailleurs, l’itinéraire ne comportera plus de boucles ; autrement dit, les concurrents n’auront plus à repasser deux fois par le même endroit, ce qui avait créé des petits problèmes chez les coureurs de tête qui se mêlaient aux retardataires.
O-J : À quelle date se déroulera le marathon cette année ?
M. K. : Le 10 octobre. Les chaises roulantes ouvriront le parcours à 6h15 du matin, suivies successivement à 6h30 par le marathon, à 7h pour le 10k, et finalement par le mini-marathon à 7h45. Cette modification est motivée par la chaleur matinale qui a causé plusieurs abandons l’année passée.
O-J : Y a-t-il déjà eu des confirmations d’athlètes internationaux pour cette année ?
M. K. : Cette année, le plateau proposé sera encore plus prometteur, avec la présence, je l’espère, du recordman de la distance, le Kényan Paul Tergat (2h04’55’’, ndlr). Mais il est encore trop tôt pour confirmer cette nouvelle.
O-J : Quels seront les prix prévus pour les vainqueurs ?
M. K. : La somme totale est la même que celle de l’année dernière, à savoir $ 150 000, ce qui place le BIM à la septième place mondiale sur le plan des gains. Néanmoins, le premier prix sera de $ 20 000 au lieu de $ 12 000 pour chacun des vainqueurs dans les catégories hommes et femmes. 5 000 $ seront ajoutés en cas de victoire d’un Libanais, et $ 5 000 supplémentaires s’il pulvérise le record de 2003 (le record est détenu par le Kényan Paul Rugut avec 2 h17’04, ndlr).
O-J : Qu’en est-il du problème de dopage ?
M. K. : Certains coureurs professionnels ont été étonnés que des contrôles antidopage soient effectués au Liban, ce qui explique sans doute les résultats positifs de la Kényane Jackline Torori et de la Russe Anifisa Kosatcheva, qui se sont respectivement classées à la première et troisième place. Elles ont été naturellement disqualifiées. En 2004, ces contrôles seront davantage renforcés.
O-J : Participerez-vous cette année à la course ?
M. K. : Malheureusement, non. Ma condition physique ne le permet pas encore, malgré une nette amélioration (May el-Khalil a été victime d’un grave accident en 2001, ndlr). Mais j’espère bien que ce sera pour l’année prochaine...
Propos recueillis
par Guy SALMÉ
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Mais plus qu’un défi sportif, c’est une prouesse politique qui a été réalisée. En effet, les organisateurs avaient mis le paquet, ne reculant devant aucun effort pour assurer le succès de l’évènement, premier du genre au Proche-Orient. Forts de leur réussite, May el-Khalil et son association espèrent que l’édition 2004 sera tout aussi...