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Actualités - Chronologie

L’ouverture d’un nouveau front complique la tâche de la coalition

L’ouverture d’un nouveau front avec le chef radical chiite Moqtada Sadr complique davantage encore la tâche déjà difficile de la coalition avant le transfert de la souveraineté aux Irakiens prévu le 30 juin. L’administrateur américain en Irak, Paul Bremer, est resté impassible depuis le début des affrontements sanglants dimanche avec les partisans du chef radical chiite, affirmant que le nouvel Exécutif irakien, qui héritera des pouvoirs transférés par la coalition, sera en place « bien avant le 3 juin et nous transmettrons le pouvoir intérimaire le 30 juin comme prévu ». Mais sur le terrain, la situation s’est singulièrement détériorée. Dans les zones sunnites toujours en ébullition, l’armée américaine mène une opération d’envergure dans la ville rebelle de Falloujah pour tenter d’écraser la guérilla, sans qu’il soit possible pour le moment d’en mesurer le résultat. Même si M. Bremer estime que les affrontements de ces derniers jours ne sont pas liés à « une insurrection chiite » mais à la seule « milice illégale » de Moqtada Sadr, cette dernière a incontestablement marqué des points dans une communauté frustrée politiquement et exsangue financièrement. « L’Armée du Mehdi » du jeune chef chiite contrôle ou partage désormais le pouvoir dans plusieurs grandes villes chiites. Dans les cités saintes de Najaf et Koufa, les miliciens en noir contrôlent les rues et les bâtiments publics. Plus au sud, à Kout, ils partagent le pouvoir avec les Forces de défense civile irakienne (ICDC, auxiliaire de l’armée), alors que l’armée ukrainienne s’est retirée vers sa base. Dans la ville méridionale de Bassora, un accord a été trouvé, mais à condition que l’armée britannique cesse ses patrouilles en ville. Dans le quartier pauvre de Sadr City à Bagdad, si l’armée américaine contrôle les commissariats de police et les entrées, la milice est présente dans toutes les ruelles. En réalité, ces affrontements sanglants ont donné une formidable publicité à l’organisation radicale mais minoritaire chez les chiites qui, jusqu’à présent, n’osait guère se démarquer de la figure charismatique de la communauté chiite, Ali Sitani, partisan de la modération et du compromis avec la coalition. Ces événements ont en outre rapproché les ailes radicales sunnite et chiite, alors que les deux communautés ne s’appréciaient guère. Des délégations de sunnites sont venues féliciter « l’Armée du Mehdi » et ont déclaré être prêtes à s’y engager et des chiites ont exprimé leur compassion pour les habitants de Falloujah. C’est donc un scénario inverse de celui que la coalition avait prêté aux islamistes. Elle avait fait grand cas en février d’un document attribué au jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui annonçant qu’il fallait susciter la zizanie confessionnelle entre chiites et sunnites. Par ailleurs, le Conseil de gouvernement transitoire irakien, mis en place par les Américains, semble largement incapable d’endiguer cette vague de violences. Un de ses membres chiites, Ayad Allaoui, a mis en garde Moqtada Sadr contre la poursuite des combats, mais ce dernier n’en fait pas grand cas. Enfin, plus grave encore, dans plusieurs endroits les forces de sécurité mises en place par la coalition ont semble-t-il fraternisé avec la milice de Moqtada Sadr. À Sadr City, selon des témoins, des membres des Forces de défense civile, venus avec l’armée américaine, se sont ensuite retournés contre elle en se rangeant du côté des miliciens.
L’ouverture d’un nouveau front avec le chef radical chiite Moqtada Sadr complique davantage encore la tâche déjà difficile de la coalition avant le transfert de la souveraineté aux Irakiens prévu le 30 juin. L’administrateur américain en Irak, Paul Bremer, est resté impassible depuis le début des affrontements sanglants dimanche avec les partisans du chef radical chiite, affirmant que le nouvel Exécutif irakien, qui héritera des pouvoirs transférés par la coalition, sera en place « bien avant le 3 juin et nous transmettrons le pouvoir intérimaire le 30 juin comme prévu ».
Mais sur le terrain, la situation s’est singulièrement détériorée. Dans les zones sunnites toujours en ébullition, l’armée américaine mène une opération d’envergure dans la ville rebelle de Falloujah pour tenter d’écraser la...