L’euro a continué de battre en retraite face au dollar hier sur les marchés des changes, alors que le billet vert retrouvait les faveurs des investisseurs sur fond d’amélioration attendue de l’économie US et d’anticipation de baisse des taux en Europe. La monnaie unique est tombée jusqu’à 1,2058 $, soit son plus bas niveau face au dollar depuis le 4 décembre. Elle s’est ensuite reprise pour remonter au-dessus du seuil de 1,21 $ après le Livre beige de la Fed (voir par ailleurs). Depuis qu’il a atteint son record historique de 1,2929 $ le 18 février dernier, l’euro est en chute libre sur des interventions verbales de hauts responsables européens: il a perdu 6,7 % de sa valeur en l’espace de deux semaines. Ce recul s’est accéléré dès le début de cette semaine en raison d’indicateurs suggérant que la situation sur le marché du travail, talon d’Achille de la reprise aux États-Unis, semble s’être améliorée. À cet égard, il a suffi de la progression lundi de la composante emploi de l’indice ISM des directeurs d’achats du secteur manufacturier US de 52,9 points en janvier à 56,3 points en février pour que les économistes et cambistes changent leur fusil d’épaule. Cela d’autant qu’ils venaient d’apprendre du cabinet d’études Challenger, Gray & Christmas que les suppressions d’emplois dans les entreprises US avaient atteint en février 77 250 contre 117 556 en janvier (-34,3 %), leur plus bas niveau depuis fin septembre 2003. De plus, les rumeurs de baisse des taux en Europe à la veille de la réunion aujourd’hui du conseil des gouverneurs de la BCE ont profité également au dollar. Cette perspective a été renforcée par la maigre hausse de 0,2 % des prix à la production dans la zone euro en janvier sur décembre, selon Eurostat, peu après l’annonce que le taux d’inflation dans cette région a reculé de 1,9 % en janvier à 1,6 % en février sur un an. Compte tenu de toutes ces considérations, l’euro est resté sous pression encore hier, se négociant finalement à New York à 1,2195 $ contre 1,2215 la veille, en nouvelle baisse de 0,16 %.
Coup d’arrêt à la baisse de Wall Street
La Bourse US s’est redressée en fin de journée sur des rachats de découvert après sa rechute de l’ouverture, les investisseurs ayant été rassurés par la poursuite de la croissance économique en janvier et février selon le Livre beige. Le marché est parvenu donc à digérer les mauvais chiffres du ISM des directeurs d’achats US dans les deux secteurs manufacturiers et des services en février, et commence d’ores et déjà à miser sur les chiffres du chômage vendredi.
Plus tôt dans la journée, les Bourses européennes ont fini dans le rouge à l’issue d’une séance sans grande impulsion et marquée par la retenue des investisseurs à la veille d’une décision de la BCE sur ses taux. Dans cette attente, les opérateurs ont estimé devoir engranger les gains que leur procurent cinq séances consécutives de hausse.
À la Bourse de Beyrouth, les actions A de Solidere se sont distinguées hier par une hausse de 0,86 % à 4,69 $ chacune contre 4,65 $ lundi dernier.
Élie KAHWAGI
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