Les jeunes cadres ne parviennent pas à desserrer l’emprise de Yasser Arafat, la vieille garde est sclérosée et les directions politiques et militaires ne semblent pas sur la même longueur d’onde : le Fateh, doyen des mouvements palestiniens, s’enfonce dans la crise.
Si les dirigeants du mouvement s’accordent sur la nécessité de mettre en œuvre des réformes pour donner un nouvel élan au mouvement, créé il y 39 ans, ils divergent sur leur nature, leur ampleur et les moyens de les appliquer.
Ces désaccords ont refait surface lors d’une réunion de l’une des principales instances du Fateh, le Conseil révolutionnaire (CRF), dont la centaine de membres examinaient depuis mercredi une série de mesures destinées à « moderniser » le Fateh et à injecter du sang neuf au sein de sa direction.
Selon des participants, le CRF devait désigner, à la demande de M. Arafat, les membres d’une commission chargée de préparer la tenue d’une conférence générale du mouvement en vue de le doter d’une nouvelle direction élue. Les membres du CRF, instance inférieure au Comité central, sont toutefois divisés sur le nombre de membres que les différentes instances du Fateh doivent chacune avoir au sein de ladite commission, indique-t-on de mêmes sources.
L’élection d’un nouveau Comité central, instance qui n’a pas été renouvelée depuis 15 ans, figure pourtant parmi les principales exigences de la « jeune garde », dont l’un des chefs de file est le colonel Mohammed Dahlane, ancien ministre chargé de la sécurité et homme fort de la bande de Gaza. Cette exigence se heurte toutefois à l’opposition de ténors du Fateh, dont certains siègent au sein du Comité central et qui risquent d’en être évincés si un nouveau scrutin a lieu.
Violente altercation
entre Arafat et Youssef
La réunion a, en outre, été marquée par une violente altercation entre M. Arafat et le général Nasr Youssef, devenu sa bête noire pour avoir exigé davantage de contrôle sur les services de sécurité quand il a été pressenti l’an dernier pour devenir ministre de l’Intérieur. M. Arafat avait mis son veto à sa nomination. Furieux d’avoir été interrompu, M. Arafat a lancé un microphone en direction du général Youssef, qui a riposté en lui jetant un stylo, selon des sources qui ont requis l’anonymat. Les deux hommes ont aussi échangé des invectives. La réunion a par ailleurs pris connaissance d’un rapport interne s’inquiétant de « l’opacité » des finances du mouvement, autrement dit de la corruption, et d’un deuxième document soulignant la nécessité d’unifier les différents services de sécurité de l’Autorité palestinienne, idée à laquelle M. Arafat a toujours été hostile.
La Fateh incapable
de dissoudre les Brigades
des martyrs d’al-Aqsa
La CRF devait également se pencher sur le rôle des Brigades des martyrs d’al-Aqsa, groupe armé issu du Fateh, mais qui semble échapper à tout contrôle. Le fonctionnement de ce groupe, nébuleuse de cellules non hiérarchisées et largement autonomes disséminées dans les Territoires, a été fréquemment critiqué par des cadres politiques du Fateh. Le groupe a d’ailleurs infligé un terrible coup à la direction palestinienne en envoyant un kamikaze perpétrer un attentat-suicide meurtrier à Jérusalem le 22 février, à la veille de l’ouverture des audiences de la Cour internationale de justice de La Haye sur la légalité de la barrière de séparation érigée par Israël en Cisjordanie.
Pour Mohammed Dahlan, le Fateh est clairement impuissant à démanteler sa propre branche armée. « Il n’existe pas de politique claire du Fateh sur la manière de traiter avec les Brigades. C’est une part du problème. Celui qui pense que le Conseil révolutionnaire du Fateh ou son comité central peut influencer ou contrôler les Brigades ignore tout du fonctionnement des affaires intérieures palestiniennes », a-t-il ajouté.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les jeunes cadres ne parviennent pas à desserrer l’emprise de Yasser Arafat, la vieille garde est sclérosée et les directions politiques et militaires ne semblent pas sur la même longueur d’onde : le Fateh, doyen des mouvements palestiniens, s’enfonce dans la crise.
Si les dirigeants du mouvement s’accordent sur la nécessité de mettre en œuvre des réformes pour donner un nouvel élan au mouvement, créé il y 39 ans, ils divergent sur leur nature, leur ampleur et les moyens de les appliquer.
Ces désaccords ont refait surface lors d’une réunion de l’une des principales instances du Fateh, le Conseil révolutionnaire (CRF), dont la centaine de membres examinaient depuis mercredi une série de mesures destinées à « moderniser » le Fateh et à injecter du sang neuf au sein de sa direction.
Selon des participants,...