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Actualités - Opinion

La gloire de l’absent

Libération inespérée, émotion poignante, retrouvailles chaleureuses. On dit merci qui ? L’État libanais, bien sûr, qui s’est brillamment illustré dans le processus de libération et dont les courges resplendissantes se sont battues bec et ongles pour figurer, hilares, sur la photo immortalisant l’accueil hier à l’AIB des ex-détenus. Ces derniers descendaient de l’avion, mais ce sont nos croûtons officiels qui avaient l’air de débarquer... Miracle ! Aucun des journalistes qui assistaient à l’événement n’a éclaté de rire. Piètre consolation pour les papys de la République, qui reconnaissent benoîtement n’avoir jamais été consultés durant le marchandage germano-judéo-barbus. Ils ont pu ainsi mesurer leur influence dans le cirque régional. Faut dire, à leur décharge, que 14 milliards de neurones et autant de processeurs n’étaient pas de trop pour régler des questions aussi planétaires que celles de savoir si Émile 1er et Bouboule allaient se bécoter ou s’envoyer des vannes dans les gencives, si Istiz Nabeuh allait réussir à caser deux ou trois de ses larbins dans la Fonction publique avant de débloquer le pognon offert par la Banque mondiale, si Issam Féroce parviendrait à ramasser les peaux de bananes balancées par les Dalloul Brothers devant les opérateurs étrangers de la téléphonie mobile. Alors, tu penses bien, le sort de 400 bouviers hâves et dépenaillés, rendus à peine présentables après des années de torture, ce n’était pas vraiment leur tasse de thé. Ni celle de Jean Obeid d’ailleurs trop occupé, semble-t-il, à contrer par ses grandes manœuvres internationales le complot mondial de l’implantation. Toujours l’appel du large, Jeannot. On attend impatiemment de voir maintenant comment il va casser l’axe Bush-Sharon. Avec près d’un demi-million de Palestiniens encroûtés chez nous depuis un demi-siècle et probablement pour l’éternité, la poésie de l’implantation est devenue, à ne pas en douter, sa seule arme de distraction massive. Gaby NASR
Libération inespérée, émotion poignante, retrouvailles
chaleureuses. On dit merci qui ? L’État libanais, bien sûr, qui s’est brillamment illustré dans le processus de libération et dont les courges resplendissantes se sont battues bec et ongles pour figurer, hilares, sur la photo immortalisant
l’accueil hier à l’AIB des ex-détenus. Ces derniers
descendaient de l’avion, mais ce sont nos croûtons officiels qui avaient l’air de débarquer... Miracle ! Aucun des
journalistes qui assistaient à l’événement n’a éclaté de rire.
Piètre consolation pour les papys de la République, qui
reconnaissent benoîtement n’avoir jamais été consultés
durant le marchandage germano-judéo-barbus. Ils ont pu ainsi mesurer leur influence dans le cirque régional.
Faut dire, à leur décharge, que 14 milliards...