Danse
«W.H.A.», de Régine Chopinot:
performance ou canular?
le 14 février 2004 à 00h00
Performance physique ou canular, W.H.A., création de la chorégraphe Régine Chopinot, qui, à 51 ans, partage la scène avec deux membres de son Ballet de l’Atlantique-Centre chorégraphique national, maltraite danseurs, décor, costumes de Jean-Paul Gaultier, et public parisien, partagé entre la fuite et les applaudissements polis. Régine Chopinot sort du combat des intermittents du spectacle dans lequel elle s’est beaucoup investie. Elle en a peut-être tiré cette violence exercée dans son spectacle contre les objets du décor, des empilements de tables et chaises, contre les vêtemements arrachés, remis n’importe comment, foulés au pied. Créé initialement pour neuf danseurs, venus d’horizons divers, notamment du Vietnam, d’Afrique du Sud, elle n’en a retenu finalement que deux, l’athlétique John Bateman et Virginie Garcia, et s’est mise de la partie. Cela tient de la rave, avec une musique mixée en live par un DJ, ou de jeux d’enfants turbulents qui jettent les objets, jouent avec de l’eau, tapent du pied. D’énormes projecteurs sont braqués vers la scène mais aussi la salle et les spectateurs se protègent les yeux avec leur main ou le programme. Sous cette lumière crue, les acteurs-danseurs sont d’autant plus clairement transformés en pantins ou aliénés. Quand tout s’arrête, brutalement, parce que la musique cesse, les trois danseurs se mettent à ranger la scène et les spectateurs quittent la salle.
Régine Chopinot a toujours bousculé les conventions de la danse, et, dans les années 80, elle se montrait déjà intrépide, mais ludique, euphorisante. Puis elle a signé des œuvres plus intimistes, plus complexes mais toujours riches, avant de créer Chair-Obscur, une œuvre troublante et macabre. W.H.A., comme Warning Hasardous Area (zone à risques), est l’aboutissement de cette liberté totale que revendique la chorégraphe.
Performance physique ou canular, W.H.A., création de la chorégraphe Régine Chopinot, qui, à 51 ans, partage la scène avec deux membres de son Ballet de l’Atlantique-Centre chorégraphique national, maltraite danseurs, décor, costumes de Jean-Paul Gaultier, et public parisien, partagé entre la fuite et les applaudissements polis. Régine Chopinot sort du combat des intermittents du spectacle dans lequel elle s’est beaucoup investie. Elle en a peut-être tiré cette violence exercée dans son spectacle contre les objets du décor, des empilements de tables et chaises, contre les vêtemements arrachés, remis n’importe comment, foulés au pied. Créé initialement pour neuf danseurs, venus d’horizons divers, notamment du Vietnam, d’Afrique du Sud, elle n’en a retenu finalement que deux, l’athlétique John Bateman et...
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