Le métier de conseiller politique n’est pas tout à fait nouveau au Liban. De tout temps, cette position a été occupée par des férus de la politique qui, forts d’une longue expérience dans le secteur public, ont accompagné les grands hommes d’État durant leur parcours. Jadis confiné à des hommes principalement issus du milieu partisan, ce métier a commencé récemment à se professionnaliser avec l’apparition de nouvelles expertises et de tâches de plus en plus spécialisées. Au Liban toutefois, ce métier est souvent dévié de son véritable objectif dans la mesure où le système clientéliste barre la voie aux plus compétents et surtout aux experts neutres qui peuvent véritablement influer sur le processus de la prise de décision.
Ancienne conseillère auprès de deux ministres et directrice de l’Institut de sciences politiques à l’USJ, Fadia Kiwan explique les risques du métier de consultant dans un pays tel que le Liban : « C’est une tâche qui est encore politicienne et non scientifique comme il se doit. Par conséquent, elle tend à aggraver le déficit de l’État au niveau de la compétence », affirme-t-elle. Toutefois, renchérit la politologue, cette fonction est désormais appelée à se transformer et à influer qualitativement sur l’action entreprise au sommet des départements de l’État.
Autre risque à éviter dans ce genre de métier, le glissement vers l’idéologie qui guette tout conseiller censé adhérer, ne serait-ce qu’en partie, aux idées ou à l’orientation politique de la personne publique pour qui il travaille, d’où le risque de subjectivité lors de l’exercice de la fonction. Pour Mme Kiwan, il faut que « les professionnels restent à distance de la carrière politique en tant que telle. Sinon, dit-elle, le poste de conseiller tend à devenir un tremplin pour des ambitions personnelles ».
C’est ce qui se passe souvent au sein des partis politiques où il existe une confusion entre la fonction technique du conseiller et son étiquette partisane. Le même problème se pose lorsque le responsable politique exerce une emprise sur son conseiller dont il finit par annuler le rôle.
Le conseiller ne saurait par conséquent devenir le « vassal » du responsable politique pour le compte duquel il travaille, ni se plier à ses desiderata. Le danger du métier de conseiller politique est de verser dans le jeu de l’homme politique en avalisant les décisions prises arbitrairement par ce dernier.
Les risques de déviation qui guettent le métier de communication politique ne sont pas moindres et dans une société, qui peine encore à s’affirmer sur la voie démocratique, la communication est détournée de son objectif principal pour uniquement servir à défendre les intérêts du parti ou de la personne au pouvoir.
Pourtant, lorsque le conseiller ou le responsable en communication parviennent à s’imposer et à se forger une réputation dans leurs domaines respectifs, ils finissent par acquérir une certaine autorité scientifique et influer positivement sur l’image et l’action de l’homme politique, d’où une plus grande légitimité de ce dernier. En définitive, les deux experts sont là pour l’aider à assumer sérieusement et efficacement ses tâches publiques.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le métier de conseiller politique n’est pas tout à fait nouveau au Liban. De tout temps, cette position a été occupée par des férus de la politique qui, forts d’une longue expérience dans le secteur public, ont accompagné les grands hommes d’État durant leur parcours. Jadis confiné à des hommes principalement issus du milieu partisan, ce métier a commencé récemment à se professionnaliser avec l’apparition de nouvelles expertises et de tâches de plus en plus spécialisées. Au Liban toutefois, ce métier est souvent dévié de son véritable objectif dans la mesure où le système clientéliste barre la voie aux plus compétents et surtout aux experts neutres qui peuvent véritablement influer sur le processus de la prise de décision.
Ancienne conseillère auprès de deux ministres et directrice de l’Institut...