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Les libéraux entament une longue traversée du désert

Les libéraux russes, seuls à avoir inscrit dans leurs priorités la défense des valeurs démocratiques, seuls à hausser la voix pour le respect des droits de l’homme et contre la guerre en Tchétchénie, ont été exclus de la Douma et entament une longue traversée du désert. « Le mouvement démocratique est décapité, détruit », constate amèrement la sociologue Olga Krychtanovskaïa, de l’Académie des sciences.
Le paysage politique russe a subi un changement radical à l’issue des élections législatives de dimanche. « Les démocrates n’ont plus de tribune pour au moins quatre ans » et peut-être « pour beaucoup plus longtemps, car en 2007, il faudra franchir un seuil de 7 % » pour entrer à la Douma, rappelle le quotidien en ligne Gazeta.ru. Et « l’expérience postcommuniste a montré qu’aucun parti en Russie ne survivait après quatre ans hors du Parlement », ajoute Mme Krychtanovskaïa. Pour les défenseurs des libertés, « c’est une catastrophe absolue », résume Sergueï Grigoriants, de la fondation Glasnost. Il ne reste chez les députés aucune force pour défendre la presse ou la justice indépendantes. Aucune non plus pour tenter d’élever le ton contre le conflit en Tchétchénie, lancé par Vladimir Poutine il y a quatre ans et que seul critiquait ouvertement Iabloko, le parti de Grigori Iavlinski.
La défaite est cependant avant tout de la responsabilité des libéraux. Ils se sont déchirés au lieu de s’unir, et ont ces dernières années flirté avec le pouvoir, notent les analystes.
Leurs électeurs – les entrepreneurs pour SPS et les intellectuels désargentés pour Iabloko – se sont sentis trahis. Leur échec risque de se refléter au gouvernement, qui pourrait être remanié dans les prochains mois, et sur l’orientation économique du pays.
L’urgence est maintenant de rebâtir une opposition démocratique. Il faudra aussi aux libéraux s’afficher clairement dans l’opposition à Vladimir Poutine, soutenu par « les hommes aux épaulettes » (les anciens des services secrets), mais aussi par 80 % de la population.
Les libéraux russes, seuls à avoir inscrit dans leurs priorités la défense des valeurs démocratiques, seuls à hausser la voix pour le respect des droits de l’homme et contre la guerre en Tchétchénie, ont été exclus de la Douma et entament une longue traversée du désert. « Le mouvement démocratique est décapité, détruit », constate amèrement la sociologue Olga Krychtanovskaïa, de l’Académie des sciences.Le paysage politique russe a subi un changement radical à l’issue des élections législatives de dimanche. « Les démocrates n’ont plus de tribune pour au moins quatre ans » et peut-être « pour beaucoup plus longtemps, car en 2007, il faudra franchir un seuil de 7 % » pour entrer à la Douma, rappelle le quotidien en ligne Gazeta.ru. Et « l’expérience postcommuniste a montré qu’aucun parti en...