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Pour la Chinoise «moderne», le concours de beauté est un progrès

Pour de nombreuses jeunes Chinoises qui se veulent « modernes », Miss Monde n’est pas seulement un défilé de jeunes beautés mais le signe d’une évolution positive de la société à l’égard de la femme.
Le concours de Miss Monde pourrait difficilement être qualifié d’événement capital pour les droits de la femme, mais l’édition 2003 n’en représente pas moins un jalon important dans la lutte pour leur autonomie en Chine, car il marque la levée d’une interdiction de 54 ans que faisait peser Pékin sur les concours de beauté.
« Les perceptions des Chinois évoluent », lance Liu Jingxin, 20 ans, une des finalistes du concours de Miss Shanghai de cette année. « Les femmes prennent dorénavant part à la construction de l’ensemble de la société », ajoute l’étudiante en journalisme.
Après 25 ans de réformes économiques qui ont assoupli le contrôle du pouvoir sur la vie privée des citoyens, les femmes jouissent dorénavant d’une liberté de choix inconnue jusqu’alors dans la société machiste chinoise. Dans les villes, les femmes peuvent par exemple avoir des relations sexuelles avant le mariage et poursuivre leur carrière avant de prendre époux. «Je pense que les citadines chinoises n’ont jamais eu autant de confiance en elles-mêmes, ni autant d’indépendance, d’intelligence et d’élégance», estime Lin Wenjie, rédactrice en chef de Metropolis, un magazine de mode à destination des femmes dans la trentaine qui ont réussi. «Les femmes ne vivent plus dans un monde qui est hors de portée et, de ce fait, ont maintenant la possibilité de se rendre compte du monde qui les entoure et de se remettre en question», explique-t-elle.
Il y a longtemps que la polygamie ou le bandage des pieds, pour empêcher leur croissance, ont été proscrits par le gouvernement mais le chemin vers une parfaite égalité entre les sexes est encore long, rappelle Liu Meng, professeur à l’Université des femmes de Chine et fervent opposant aux concours de beauté. «Même dans la société moderne d’aujourd’hui, les hommes et les femmes ne sont pas égaux en ce qui concerne les revenus, les droits, le chômage, l’éducation et la vie de famille», ajoute-t-il. «Le revenu des Chinoises ne représente que 70% de celui des hommes, ce que je considère comme la preuve absolue que les femmes sont traitées de manière injuste», poursuit le professeur.
Le sexisme existe toujours, même à Shanghai, la ville chinoise réputée la plus moderne, admet Mme Lin: «Je pense qu’il y a encore beaucoup à faire pour changer la situation, par exemple pour que les femmes puissent reprendre leur carrière après avoir eu un enfant.»
Quand Liu Qiannu, une hôtesse de l’air de 25 ans, a décidé de participer au concours de Miss Shanghai, son fiancé s’y est opposé: «Pourquoi vas-tu à ce genre de concours? Tu es une fille tellement digne», a-t-il dit, se souvient la jeune femme.
Elle ne s’est pas laissée démonter et a remporté le troisième prix, gagnant ainsi une place au concours de Miss Chine.
Chen Liangnazi, elle, a participé au concours de Miss Shanghai envers et contre ses parents, qui n’ont appris la nouvelle qu’après qu’elle eut atteint les finales et peu avant qu’elle remporte le trophée. À 18 ans, elle se considère comme une «fille chinoise moderne», à la fois indépendante et traditionnelle.
Pour de nombreuses jeunes Chinoises qui se veulent « modernes », Miss Monde n’est pas seulement un défilé de jeunes beautés mais le signe d’une évolution positive de la société à l’égard de la femme.Le concours de Miss Monde pourrait difficilement être qualifié d’événement capital pour les droits de la femme, mais l’édition 2003 n’en représente pas moins un jalon important dans la lutte pour leur autonomie en Chine, car il marque la levée d’une interdiction de 54 ans que faisait peser Pékin sur les concours de beauté.« Les perceptions des Chinois évoluent », lance Liu Jingxin, 20 ans, une des finalistes du concours de Miss Shanghai de cette année. « Les femmes prennent dorénavant part à la construction de l’ensemble de la société », ajoute l’étudiante en journalisme.Après 25 ans de...