« Cette saison, je vise au moins une, voire deux victoires, en Coupe du monde, ambitionne Vincent Vittoz. Naturellement, gagner à La Clusaz est mon objectif prioritaire. » L’unique fois où la Coupe du monde de ski de fond fit étape en France, c’était le 20 février 2000 lors de la Transjurassienne. Logiquement, en cette saison sans championnats du monde, Vincent Vittoz s’élance pour la meilleure de sa carrière avec son point d’orgue à La Clusaz, longtemps La Mecque du ski artistique acrobatique.
« À La Clusaz, la victoire me tiendra particulièrement à cœur. Un, parce que je serai chez moi et que je veux faire plaisir à tout le public. Deux, parce que c’est mon frère Stéphane, 31 ans, entraîneur au club des sports, qui tracera le parcours. Trois, parce que c’est l’occasion rêvée de promouvoir le ski de fond en France », explique-t-il.
« Cette piste de la Clusaz, je la connais par cœur : c’est une belle boucle. Mais pour être honnête, j’aurais préféré qu’elle soit plus longue de 200 mètres. » En 2002-2003, Vincent Vittoz a réussi la meilleure saison de sa carrière pour sa huitième année en Coupe du monde. Huitième du classement général, grâce à une victoire sur 10 km libre à Kiruna en Suède fin novembre, à une deuxième place sur 15 km libre à Davos en Suisse, début décembre, et quatre places dans les dix premiers, le Haut-Savoyard a aussi signé une sixième place sur 50 km libre aux championnats du monde de Val Di Fiemme en Italie.
« La saison écoulée m’ouvre des perspectives intéressantes sur les longues distances pour les deux saisons à venir, m’amenant vers les Jeux olympiques de Turin en février 2006 », souligne Vincent Vittoz, successeur de Jean-Paul Pierrat, médaillé de bronze sur 50 km aux championnats du monde en 1978, et d’Hervé Balland, médaillé d’argent sur 50 km aux championnats du monde en 1993. Malgré la progression intéressante d’Emmanuel Jonnier, deux places dans les 15 premiers en Coupe du monde en 2002-2003 après sa onzième place sur 30 km libre aux Jeux en 2002 et de Christophe Périllat, quatre places dans les 30 premiers, Vincent Vittoz, sergent à l’école militaire de Haute-Montagne, demeure le seul fondeur tricolore capable de monter sur un podium mondial.
« La saison dernière, j’ai réussi à tenir ma forme de fin novembre à fin janvier, à rester deux mois dans le top 10. Après, j’ai subi un contrecoup. Et à la mi-février, je suis arrivé en petite forme aux championnats du monde », dit-il. « Pour l’instant, il m’est impossible d’être au top de ma forme de fin octobre, début de la Coupe du monde, à la mi-mars, fin de la coupe du monde. Mais de saison en saison, je gagne du terrain. L’ascencion vers le haut niveau et la régularité dans ce haut niveau est très lente en ski de fond. La saison dernière, c’était déjà exceptionnel de tenir deux mois. En 2002-2003, je vais tenter de tenir, au moins, trois mois et demi. Ce challenge s’annonce difficile mais faisable. »
Enfin, Vincent Vittoz, qui fait désormais partie des cinq meilleurs fondeurs du monde en style libre, s’oriente vers une participation début mars à la célèbre Vasaloppet en Suède. « Si je ne joue pas le classement général de la Coupe du monde, j’aimerai bien faire des 50 bornes de folie : j’en rêve depuis que je suis tout jeune. » Sinon, le 14 mars sur la piste olympique de Pragelato, tracée pour les Jeux de Turin, Vittoz, 14e sur 10 km poursuite à Salt Lake City en 2002, disputera sur 30 km libre la finale de la Coupe du monde. « Une bonne occasion de prendre la température ambiante ».


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