« L’État doit se consacrer à la création d’une société prospère et progressive basée sur la justice sociale, la protection de la dignité humaine et des droits de l’homme, et la mise en œuvre de la démocratie », stipule le projet. Il doit également « garantir l’unité nationale et l’égalité entre tous les groupes ethniques, les tribus, et assurer le développement égal de toutes les régions du pays ». « L’État afghan respecte la Charte des Nations unies, la Déclaration universelle des droits de l’homme, les conventions et traités internationaux signés par l’Afghanistan », souligne encore le texte.
Inspirée des valeurs occidentales, la Constitution garantit ainsi le respect de tous les droits fondamentaux de l’individu, « le droit à la propriété privée, à l’éducation, au travail ». « La liberté et la dignité de l’homme sont inviolables » ainsi que la liberté d’expression.
« Toute forme de discrimination entre citoyens est interdite, les citoyens sont égaux devant la loi », ajoute le texte, qui ne mentionne cependant pas explicitement l’égalité entre hommes et femmes.
Le projet de Constitution prévoit que le président, élu « directement » au suffrage universel et à la majorité des voix pour un mandat de cinq ans une seule fois renouvelable, « détermine la politique fondamentale du pays ». Le gouvernement ne compte pas de Premier ministre, mais un vice-président, choisi par le président avant l’élection. « L’Assemblée nationale de la République islamique d’Afghanistan, en tant que plus haut organe législatif du pays, incarne la volonté du peuple et représente toute la nation ». L’Assemblée nationale ratifie, modifie ou abroge les lois, les décrets législatifs et approuve le budget de l’État. Elle est constituée de deux Chambres : la Wolesi Jirga (Chambre du peuple, assemblée de 220 à 250 députés élus au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans), et la Meshrano Jirga (Chambre des anciens), dont les membres sont désignés par le président et les Conseils d’anciens des provinces. Le président ne dispose pas d’un droit de dissolution sur les deux Jirgas.
Enfin, l’ex-roi et père de la nation Zaher Shah conserve son titre et ses privilèges jusqu’à la fin de sa vie.
Ce projet de Constitution pourra encore être modifié, selon les résultats de consultations populaires en cours dans tout le pays. Une grande Loya Jirga (assemblée traditionnelle) est prévue début décembre pour en adopter le texte définitif.

