Alliée des États-Unis durant la guerre du Golfe (1990-91), puis partenaire discret du gouvernement de George W. Bush dans sa lutte contre le terrorisme après les attentats du 11 septembre, la Syrie se retrouve aujourd’hui sur le point d’être boycottée par ce même gouvernement.
La Maison-Blanche a clairement indiqué qu’elle était favorable à ce que le Congrès vote la résolution prévoyant des sanctions économiques et diplomatiques contre la Syrie.
Jusqu’à une date récente, la Maison-Blanche n’était pas favorable à l’adoption de sanctions – qui restent à déterminer – à l’encontre de Damas, préférant l’arme des pressions.
Mais deux facteurs semblent avoir joué un rôle déterminant dans cette volte-face : la faillite de la « feuille de route », le plan de paix pour le Proche-Orient élaboré par le quartette (Union européenne, Russie, États-Unis, Onu) et parrainé par le président George Bush, et l’enlisement américain en Irak.
Les chefs d’accusation américains contre la Syrie sont nombreux et vont de la possession d’armes de destruction massive à l’occupation du Liban. Toutefois, Washington accuse surtout Damas de soutenir « des groupes terroristes » palestiniens tels les islamistes du Hamas et du Jihad islamique et d’autoriser l’infiltration d’éléments armés en Irak qui mènent des opérations antiaméricaines.
Les dirigeants syriens se défendent de ces accusations, mais apparemment sans convaincre le gouvernement Bush. Celui-ci a accusé la Syrie d’être « du mauvais côté du combat contre le terrorisme », au lendemain du raid israélien en Syrie de dimanche qui venait en riposte à l’attentat qui avait fait 19 morts la veille à Haïfa (nord d’Israël).
Les déclarations américaines hostiles à la Syrie viennent comme en écho aux accusations israéliennes pour qui ce pays est un « État terroriste ».
Dans cette perspective et, hasard du calendrier ou pas, le vote du Congrès paraît s’inscrire dans « une pièce en trois actes » jouée en l’espace de quelques jours : après l’attentat de Haïfa, Israël frappe le territoire syrien pour la première fois depuis 1974. George Bush affirme avec force qu’Israël a le droit de se défendre. La commission du Congrès adopte sa résolution.
Certes, la Syrie est inscrite depuis longtemps sur la liste du département d’État recensant les pays accusés de soutenir le terrorisme, mais les choses n’ont fait qu’empirer ces derniers mois entre Damas et Washington engagés dans un dialogue de sourds.
Reste à savoir le type de sanctions (dures ou modérées ?) que choisira le président Bush dans la panoplie de celles qui lui sont proposées.


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