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CONCERT - À l’amphithéâtre Aboukhater Musique de chambre au gré des saisons

Reprise des concerts de musique de chambre par les membres du Conservatoire national supérieur de musique et l’Orchestre symphonique national libanais. Sous les feux de la rampe, trois interprètes parfaitement connus par les fervents mélomanes de la capitale et qui se sont retrouvés, en petit comité, à l’amphithéâtre Aboukhater pour applaudir Olga Bolun au piano, Ondin Brezeanu au violon et Roman Storojenco au violoncelle. Au menu, non les célèbres saisons vivaldiennes, mais celles de Tchaïkovsky, le plus cosmopolite des compositeurs russes, qui s’égrènent sur douze mois. Arrangées pour le trio violon, violoncelle et piano par A. Goedicke, ces « saisons », délicieuses mélodies d’une grande élégance et d’un lyrisme mesuré et contenu, ne fleurent pas seulement l’esprit des terres russes mais font déployer, à travers leur beauté sonore, des paysages étrangers où coule une autre vie et des images parfois radieuses et sereines.
Tout commence par un janvier frileux avec des accords tendres et une narration empreinte d’une certaine douce mélancolie. Le carnaval avec ses pas endiablés, sa joyeuse farandole et ses masques bariolés et mystérieux, domine un février un peu frivole. Les hirondelles prennent leur envol dans un mois de mars habité d’une lumière irisée dans un ciel à peine chargé de quelques nuages cotonneux. Les joies de la neige et des flocons blancs ponctuent un avril pris dans le froid, sans la tourmente des tempêtes, avec pour dernières mesures de surprenants pizzicati. Et puis arrivent ces nuits claires de mai où la nature se réveille avec le parfum des fleurs, tout en invitant à une vague rêverie. Pour juin, les lacs sont le théâtre de grandes promenades en barques, rythmées par une barcarolle balançant au gré de l’eau froide et des vaguelettes cristallines. Juillet, le soleil est déjà plus haut et le chant de la terre est un hymne omniprésent. Labeur et récolte, dès les premières chaleurs du mois d’août, sont l’apanage, dans la joie et le réconfort des efforts récompensés, des paysans. Septembre, absolument vif et pimpant, est pour les chasseurs le moment idéal pour être à l’affût des oiseaux et des bêtes qui font d’excellents gibiers autour d’un vin. Plus triste est la complainte de l’automne avec ses feuilles mortes et rousses, emportées en un cortège désordonné par le vent qui se lève. Plus clément est novembre avec la « troïka » qui fraye son chemin. Et décembre clôt la ronde dans un air feutré et quelque peu salonnard, comme un discret préparatif à une fête que l’on voudrait réussie.
Musique riche, aux éclats maîtrisés mais au lyrisme perceptible. Un art, celui immense de Tchaïkovsky, d’une grande finesse, comme une enluminure joliment colorée. Trois gerbes de fleurs pour les musiciens qui ont joué une heure durant sans entracte.

E.D.
Reprise des concerts de musique de chambre par les membres du Conservatoire national supérieur de musique et l’Orchestre symphonique national libanais. Sous les feux de la rampe, trois interprètes parfaitement connus par les fervents mélomanes de la capitale et qui se sont retrouvés, en petit comité, à l’amphithéâtre Aboukhater pour applaudir Olga Bolun au piano, Ondin Brezeanu au violon et Roman Storojenco au violoncelle. Au menu, non les célèbres saisons vivaldiennes, mais celles de Tchaïkovsky, le plus cosmopolite des compositeurs russes, qui s’égrènent sur douze mois. Arrangées pour le trio violon, violoncelle et piano par A. Goedicke, ces « saisons », délicieuses mélodies d’une grande élégance et d’un lyrisme mesuré et contenu, ne fleurent pas seulement l’esprit des terres russes mais font...