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Les Turcs en Irak : une décision à double tranchant pour Washington(PHOTO)

L’envoi de troupes turques en Irak est une décision à double tranchant pour les États-Unis qui voient un nouveau pays leur prêter main-forte, mais au risque de sérieuses tensions avec les nouveaux responsables irakiens et la population.
Washington s’est officiellement félicité de cette décision, en espérant qu’elle inciterait d’autres pays à envoyer des troupes pour épauler et relever les forces américaines.
Mais les responsables américains ont aussi reconnu à demi-mot les nombreuses difficultés qui restent à aplanir pour éviter que la présence de soldats turcs sur le sol irakien ne se traduise par davantage de problèmes.
Les États-Unis ont notamment indiqué qu’ils allaient encore devoir travailler avec Ankara et le Conseil de gouvernement transitoire irakien pour tenter de trouver un accord sur les questions sensibles du nombre de troupes turques et de leurs lieux de stationnement ou de transit, une tâche qui met les Américains dans une délicate position d’arbitrage.
Washington fait désormais face sur ce sujet à la colère de membres du Conseil de gouvernement transitoire irakien, pourtant mis en place par les États-Unis eux-mêmes en juillet dernier. (voir par ailleurs).
Ce Conseil comprend notamment les chefs des deux principales factions kurdes irakiennes – Jalal Talabani et Massoud Barzani – particulièrement inquiètes face aux visées du voisin turc.
Les préoccupations kurdes sont aussi partagées par une grande partie des Irakiens qui redoutent que la présence de forces de pays voisins réponde à des ambitions territoriales et politiques en Irak, plus qu’à un souci de maintien de la paix, et ne retarde le retour à une souveraineté irakienne.
« Offrir une base aux forces turques en Irak n’aidera pas à calmer les craintes des Irakiens qui voient la présence étrangère avant tout comme une occupation », estime David Philips, spécialiste de l’Irak au Council on Foreign Relations, un centre d’études internationales de New York. La Turquie « n’inspire pas confiance » en Irak et la présence de ses soldats « pourrait créer plus de problèmes que cela n’en vaut la peine », estime-t-il.
Jon Alterman, du Centre d’études internationales et stratégiques (CSIS), pense aussi que Washington aura du mal à rassurer les responsables irakiens sur les intentions de la Turquie, héritière de l’Empire ottoman qui a régné sur le pays et toujours préoccupée par toute velléité indépendantiste au Kurdistan. « L’entrée de troupes turques en Irak va alimenter les craintes sur les ambitions territoriales d’Ankara », affirme-t-il, et « la clé pour les États-Unis sera de définir pour les Turcs un rôle qui soit utile pour Washington, pas simplement pour la Turquie ». « Sur le plan symbolique, il est important pour les États-Unis d’avoir plus de participations militaires étrangères, il est important pour les Turcs d’avoir un pied en Irak et il est également important pour les Irakiens de démontrer qu’ils sont un pays souverain et libre. Il ne sera pas facile de trouver un équilibre entre ces différentes exigences », estime M. Alterman.
Un éditorialiste du New York Times, William Safire, relevait mercredi que Washington avait déjà commencé à prendre des engagements pour répondre aux craintes d’Ankara comme à celles des Irakiens.
Les États-Unis ont ainsi donné des assurances à Ankara de lutter contre les éléments du PKK-Kadek, l’organisation séparatiste kurde de Turquie, qui seraient présents en Irak. Parallèlement, les Américains ont prévu d’éviter que les troupes turques ne passent par des villes sensibles du Nord irakien comme Mossoul ou Kirkouk.
« Mais chaque solution apporte un nouveau problème », ajoute William Safire, en relevant la fronde au sein du Conseil de gouvernement transitoire irakien.
L’envoi de troupes turques en Irak est une décision à double tranchant pour les États-Unis qui voient un nouveau pays leur prêter main-forte, mais au risque de sérieuses tensions avec les nouveaux responsables irakiens et la population.Washington s’est officiellement félicité de cette décision, en espérant qu’elle inciterait d’autres pays à envoyer des troupes pour épauler et relever les forces américaines.Mais les responsables américains ont aussi reconnu à demi-mot les nombreuses difficultés qui restent à aplanir pour éviter que la présence de soldats turcs sur le sol irakien ne se traduise par davantage de problèmes.Les États-Unis ont notamment indiqué qu’ils allaient encore devoir travailler avec Ankara et le Conseil de gouvernement transitoire irakien pour tenter de trouver un accord sur les questions...