Âgé de 83 ans, le pape est apparu en assez bonne forme au début de la cérémonie, lorsqu’il a récité le rosaire (chapelet) avec les 30 000 pèlerins venus le voir et l’écouter. Il a appelé à la paix « en ce début de millénaire déjà balayé par des vents de guerre et ensanglanté dans tant de régions du monde », et a conclu son intervention en demandant à l’assistance : « priez pour moi aujourd’hui et toujours. »
Jean-Paul II, qui souffre de la maladie de Parkinson et dont la santé a visiblement décliné ces derniers mois, a éprouvé quelques difficultés à prononcer son discours et a été encouragé par les applaudissements et les vivats des fidèles. « J’aimerais bien lui donner un peu de ma santé afin qu’il puisse continuer sa mission et voyager encore », a pour sa part dit Anna Maria, une paysanne venue de l’arrière-pays, son grand fichu noir sur la tête.
Au nom de l’assemblée, l’évêque de Pompéi, Mgr Domenico Sorrentino, a souhaité au pape que le Seigneur le garde « longtemps en vie en tant que témoin de paix ». « J’ai voulu que mon pèlerinage soit une invocation de la paix. Nous avons prié pour projeter la lumière du Christ sur les conflits, les tensions et les drames » du monde, a déclaré le souverain pontife.
Le pape a souligné que Pompéi, avec son sanctuaire et son site archéologique (la ville fut ensevelie par les cendres du Vésuve en 79 après J-C), « évoque l’engagement des chrétiens en collaboration avec tous les hommes de bonne volonté à être bâtisseurs et témoins de paix ».
De plus en plus voûté à mesure que la cérémonie, qui a duré deux heures, avançait, il a présidé la prière consacrée à la paix sur les cinq continents.
À la fin de la cérémonie, le pape a remercié les fidèles, visiblement satisfait d’avoir pu honorer la promesse de venir à Pompéi faite il y a plus d’un an.
Les détenus de la prison de Poggioreale, l’une des plus importantes de la région, lui ont d’ailleurs fait remettre un message en ce sens. « Vous ne manquez jamais au rendez-vous pour être proche de ceux qui souffrent, même en serrant les dents », ont-ils affirmé dans ce texte lu par deux d’entre eux, Mario et Salvatore. « Vous êtes un exemple pour nous qui nous sommes engagés sur la mauvaise voie ».


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