Sa directrice, Daisy Baddoura, est en première ligne pour percevoir les besoins des entreprises libanaises en matière de formation et surtout la demande croissante de compétences spécifiques dans des PME où les employés et les cadres cumulent plusieurs fonctions, sans avoir forcément le bagage technique nécessaire.
« Nous sommes là pour combler ces lacunes », explique la directrice. Ou pour réactualiser des connaissances et les adapter à l’évolution d’un secteur.
« On pense souvent que les Libanais sont de bons commerciaux, mais aujourd’hui il ne suffit plus d’avoir des dons relationnels, il faut apprendre les techniques de négociations et professionnaliser les départements achats et ventes », commente de son côté Walid Abou Khalil, conseiller en formation.
L’Institut de formation propose huit programmes différents et des systèmes modulaires.
L’étudiant choisit soit des séminaires de courte durée, soit il suit des cours à temps partiel pendant une année entière parallèlement à son travail.
« Un an, c’est le temps qu’il faut pour que l’étudiant assimile la matière et que le formateur évalue ses compétences », explique Daisy Baddoura.
Le diplôme délivré par l’Institut est reconnu en Europe et ailleurs.
« Notre approche n’est pas uniquement théorique. Nos professeurs sont des professionnels. »
En période de crise économique, les problèmes d’emploi se traduisent par une demande supplémentaire de formation, note la directrice de l’Institut.
« Cette année, nous avons enregistré deux fois plus de candidatures que l’année dernière. Face au risque de perdre leur emploi, certaines personnes essaient de se différencier en acquérant une compétence de plus, afin d’apporter une valeur ajoutée à l’entreprise. »
En fait, comme le Liban ne comporte pas de système national d’encouragement de la formation professionnelle, comme en France par exemple où chaque salarié a le droit à 20 heures par an de formation professionnelle payée par l’entreprise, chacun doit se débrouiller pour compléter sa formation. À charge pour l’employé de convaincre son patron de partager ou d’assumer les frais, mais ce dernier n’a aucune obligation en ce sens. « Quand une entreprise paie la formation, c’est surtout un séminaire de courte durée », précise Daisy Baddoura qui appelle de ses vœux un investissement à plus long terme dans la formation de la part des entreprises.
Si l’État se mêlait aussi d’encourager la formation professionnelle, ce sont des milliers d’heures d’enseignement qui pourraient être dispensées tous les ans, contribuant au développement d’un secteur, mais, surtout, permettant un saut qualitatif au sein des entreprises, dit la directrice.
Sibylle RIZK


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