En termes de morbidité et de mortalité, les accidents cardiovasculaires demeurent la principale cause de décès en voyage. Cela est principalement dû au fait que les voyageurs âgés sont de plus en plus nombreux. « Ces personnes décompensent à l’occasion de leur voyage une maladie chronique ou révèlent une maladie sous-jacente, indique le Pr Caumes. Elles peuvent décéder si elles sont sujettes à un infarctus ou à un accident vasculaire cérébral. Les noyades et les accidents de la voie publique constituent de même une importante cause de mortalité lors des périples. » Si les noyades peuvent être facilement évitées, le problème se pose toutefois au niveau des accidents de la voie publique, d’autant que les paramètres de sécurité ne peuvent pas être maîtrisés par le voyageur, notamment en ce qui concerne l’état des routes dans le pays qu’il visite, l’état d’ébriété du conducteur, son état de fatigue et la loi concernant le port de la ceinture de sécurité.
Des études effectuées au cours des dernières années ont, par ailleurs, mis l’accent sur les agressions, les meurtres et les suicides auxquels peut s’exposer le voyageur. « Cela renvoie au fait que des maladies psychiatriques peuvent également se décompenser à l’occasion d’un voyage, précise le Pr Caumes. Il faut être donc vigilant sur ce plan et éviter de laisser partir en voyage des patients qu’on appelle “borderline”, au bord de l’instabilité psychologique. »
Les infections tropicales
« Le risque d’infections tropicales est relativement rare dans la pathologie du voyageur, comparé aux autres infections digestives, respiratoires et cutanées, poursuit le Pr Caumes. Parmi ces infections tropicales, le paludisme est néanmoins fréquent chez certains voyageurs qui se rendent en Afrique subsaharienne. Bien qu’elle soit rare, c’est une maladie qui peut provoquer la mort dans certains cas graves. »
Cette maladie est due à un parasite, le plasmodium. Elle est transmise par une piqûre de moustiques, appelés anophèles, dans la période s’étalant de la tombée du jour au lever du soleil, avec un pic d’activité nocturne autour de minuit. « Les symptômes du paludisme ne sont pas très spécifiques, affirme le Pr Caumes. Ils se traduisent principalement par une fièvre, des maux de tête, des douleurs articulaires ou musculaires, ce qui peut simuler une grosse grippe. On note parfois des signes digestifs et même une diarrhée chez les enfants. »
Prévenir le paludisme consiste principalement à se protéger contre les piqûres d’insectes, soit par l’application d’un répulsif sur la peau, combinée au port de vêtements imprégnés d’un insecticide, soit par l’usage d’insecticides par diffuseurs électriques. « Des études américaines ont montré que la première méthode réduit presque totalement le risque d’être piqué par un moustique, constate le Pr Caumes, sachant que les vêtements imprégnés d’insecticides ont l’avantage de résister à cinq ou six lavages, ce qui correspond pratiquement à la durée du séjour. En ce qui concerne la moustiquaire, elle n’est efficace que si elle est imprégnée d’un insecticide, sans oublier qu’elle est encombrante et parfois difficile à accrocher. »
La chimioprophilaxie, soit la prise d’un médicament avant le départ, constitue un deuxième moyen de prévention contre le paludisme. D’autres risques d’infections tropicales, encore plus rares que le paludisme, demeurent la dengue (une maladie également transmise par les piqûres de moustique), dont la répartition géographique est plutôt asiatique. La prévention de la dengue et de la fièvre jaune consiste essentiellement à se protéger des piqûres de moustiques. D’autres infections, la leptospirose, à titre d’exemple, ou encore la bilharziose, pourront être contractées par une eau douce polluée.
« Toutes ces maladies tropicales ont les mêmes symptômes, précise le Pr Caumes. Elles commencent toutes par une fièvre. C’est la raison pour laquelle un voyageur souffrant d’une fièvre doit consulter un médecin en urgence. Si cela est impossible, il doit prendre un médicament contre le paludisme, puisque parmi toutes les maladies entraînant une fièvre, elle demeure la plus grave. Toutefois, l’automédication doit constituer le dernier recours. »


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