C’est devant une assistance de femmes, dans la ville méditerranéenne de Syrte, que le numéro un libyen, qui se dit plus que jamais africain, a clamé « à jamais révolus le nationalisme et l’unité arabes ». Certes, le colonel Kadhafi est célèbre pour ses coups de gueule et ses retournements spectaculaires, mais cette phrase a sonné samedi comme un divorce sans appel, dans la bouche d’un Kadhafi, vieillissant et qui n’a cessé ces dernières années de remettre en cause ses idéaux de jeunesse.
Quand il prend le pouvoir un certain 1er septembre 1969, le jeune chef, élevé dans le culte de l’ancien président égyptien, l’unioniste, Gamal Abdel Nasser, se lance corps et âme dans des tentatives d’union. Il tentera de le faire, sans succès, avec l’Égypte, le Soudan, la Tunisie, l’Algérie et le Maroc, même si ces deux derniers pays n’ont pas de frontières avec la Libye. Samedi, il a fait référence à la date symbolique du 28 septembre, qui a vu en 1961 la fin de l’union entre la Syrie et l’Égypte, qui ont formé durant trois ans la République arabe unie, pour appuyer ses propos. « Le temps du nationalisme et de l’unité arabes s’est à jamais révolu. Ces idées qui ont mobilisé les masses n’ont plus aucune valeur », a-t-il dit. Il a appelé les Congrès populaires, structure de base du système politique libyen, à « donner leur accord à un retrait de la Libye de la Ligue arabe », envisagé par Tripoli depuis des mois mais jamais concrétisé. « La Ligue arabe est en train de rendre l’âme et les Arabes ne seront jamais forts même s’ils s’unissent (...). Ils se contentent chaque nuit de regarder sans réagir les films sanglants en provenance de Palestine et d’Irak ».
Le colonel Kadhafi a eu des mots très durs pour les Arabes, leur déniant même la qualité d’humains, et a remis publiquement en cause son ancienne politique d’aide aux mouvements et groupes politiques des pays arabes. « La Libye a trop enduré des Arabes pour lesquels elle a versé sang et argent », a-t-il regretté, ajoutant qu’en conséquence, son pays avait été « boycotté par l’Amérique et diabolisé par l’Occident ». « En revanche, les Arabes se sont ligués avec les Américains et les Israéliens contre la Libye », a-t-il poursuivi, confirmant son orientation vers l’Afrique, dans laquelle il voit une « source de grande force » pour son pays.
Cet aveu a été fait par un dirigeant apaisé, dont le pays est parvenu à obtenir une levée des sanctions internationales, après avoir accepté de verser 10 millions de dollars par victime aux familles des 270 personnes tuées lors de l’explosion du Boeing de la PanAm au-dessus de Lockerbie (Écosse) en 1988. La Libye n’a cessé ces derniers mois d’appeler de ses vœux les investissements occidentaux, notamment dans son secteur pétrolier. Le numéro un libyen a une nouvelle fois déclaré sa foi en la femme, l’estimant « meilleure que l’homme et plus capable que lui ».
Le colonel Kadhafi, qui se fait protéger dans ses déplacement par une garde féminine, avait déjà appelé le 1er octobre les femmes libyennes à s’entraîner au combat contre « l’ennemi » et à s’inspirer des Africaines, dont la situation est selon lui meilleure que celle des Orientales et des Occidentales.


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve
À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir