La ligne englobera en Cisjordanie quelque cent mille Palestiniens et un quart de million d’autres à Jérusalem-Est et autour. 140 km de cet obstacle ont déjà été construits dans le nord de la Cisjordanie, à proximité de la « ligne verte » de démarcation entre Israël et ce territoire. Les 290 km restants doivent être construits en plusieurs phases. Dans un premier temps, des « clôtures de sécurité » doivent être construites à l’est de cinq blocs d’implantations, notamment celle d’Ariel qui s’enfonce de 20 km en Cisjordanie.
Dans une seconde phase, après six mois, ces segments doivent être liés entre eux et à la ligne existante. Par ailleurs, il est prévu de doubler la ligne de sécurité à l’est de l’aéroport international Ben Gourion, près de Tel-Aviv, une première ligne épousant grosso modo la frontière avec la Cisjordanie, à sept km de l’aéroport, et une seconde à une quinzaine de kilomètres en Cisjordanie même. L’objectif est « d’avoir le plus de juifs derrière la clôture et le moins possible d’Arabes », a déclaré à la presse un officiel israélien.
La ligne de sécurité, qualifiée de « mur de l’apartheid » par les Palestiniens, est censée empêcher les « infiltrations terroristes » ou des tirs contre des objectifs stratégiques en Israël, tel l’aéroport Ben Gourion. Sa construction a été lancée en juin 2002 entre Israël et la Cisjordanie, et le premier tronçon de 140 km a été achevé le 31 juillet dernier. Son édification a été réclamée au départ par la gauche travailliste, à la suite de la vague d’attentats-suicide meurtriers qui ont frappé le pays depuis le début de l’intifada, fin septembre 2000. Pour cette gauche, partisane d’une « séparation » d’avec les Palestiniens, la ligne devait épouser le plus fidèlement possible le tracé de la « ligne verte ». Ariel Sharon et la droite, au départ opposée à sa construction, s’y sont finalement ralliés à condition qu’elle aille beaucoup plus à l’est, pour englober un maximum de colonies juives.
Il s’agit d’un ensemble d’ouvrages défensifs d’une largeur pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres, comprenant une clôture équipée d’un dispositif électronique capable de détecter toute infiltration, des pistes de patrouille, des fossés antichars et, par endroits, une muraille de béton de huit mètres de haut.


À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir