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Les records ne tremblent pas mais le public vibre

Les champions des 9es Mondiaux d’athlétisme ne menacent pas les records du monde – dont beaucoup semblent inaccessibles pour longtemps encore – mais cela n’empêche pas le public du stade de France de Paris/Saint-Denis de vibrer et, tout compte fait, c’est plutôt une bonne nouvelle.
Après cinq jours de compétition, les Mondiaux parisiens ne comptent que deux meilleures performances mondiales, celles offertes par la marche (20 et 50 km marche messieurs). Le seul record du monde est venu du 200 m malvoyants dames des épreuves handisport figurant au programme. Le plus bel exemple se révèle être le 100 m messieurs. Deux hommes seulement étaient passés sous les 10 sec cette saison. En finale mondiale lundi, aucun des huit finalistes n’est passé sous cette barre – une première depuis l’édition initiale de 1983 –, alors que cinq hommes y étaient parvenus deux ans plus tôt à Edmonton (Canada).
La situation est identique dans d’autres disciplines comme les lancers. Au poids dames, la Russe Svetlana Krivelyova l’a ainsi emporté avec un jet à 20,63 m, soit exactement deux mètres de moins que le record du monde de sa compatriote Natalya Lisovskaya, seize ans plus tôt.
Différents facteurs peuvent expliquer cette pénurie de records mondiaux. Beaucoup sont tout simplement intouchables. Les 200 (19’’32) et 400 m (43’’18) de l’Américain Michael Johnson, les 100 et 200 m de sa compatriote Florence Griffith-Joyner (10’’49 et 21’’34), le 400 m de la flèche de l’ex-RDA Marita Koch (47’’60), les 8,95 m de l’Américain Mike Powell (1991) à la longueur...
En sprint, la nouvelle règle du faux départ a calmé les ardeurs, n’autorisant plus de départs éclairs comme celui de l’Américain Dennis Mitchell, médaillé de bronze à Tokyo (1991) avec un temps de réaction (0.090) inférieur à la limite autorisée. Un argument régulièrement utilisé par les sprinteurs.
Mais la lutte contre le dopage s’est également intensifiée, avec notamment la mise en place d’une agence mondiale (AMA) et de sa section américaine, semant sans aucun doute le trouble dans le camps des éventuels tricheurs.
Enfin, l’athlétisme vit une période de transition dans certains domaines, avec le déclin de gloires de ces dix dernières années, comme l’Américain Maurice Greene, le décathlonien tchèque Tomas Dvorak, le sauteur en longueur cubain Ivan Pedroso et le triple sauteur britannique Jonathan Edwards.

Le Belarus et la tradition des hommes forts
Pays de forêts et de champs, mais aussi d’hommes grands et costauds, le Belarus étale sa force dans les disciplines de lancers lors des Mondiaux 2003.
À l’issue de la 5e journée de compétition, mercredi soir, l’ex-République de l’Union soviétique totalisait déjà 7 médailles, dont 3 en or, soit autant que les deux puissances, la Russie et les États-Unis.
À ceux qui manifestent leur surprise, Alexandre Rudskith, entraîneur en chef et président d’honneur de la Fédération bélarusse, rappelle que son pays avait déjà un butin de 9 médailles aux Mondiaux de Goeteborg (Suède), en 1995.
Il n’y a pas de génération spontanée dans les lancers, qui requièrent au contraire beaucoup de temps et – condition première – des athlètes au physique imposant. Entouré par la Russie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et l’Ukraine, le Belarus (207 500 km2 et 10,4 millions d’habitants), possède cette matière première.
Au temps de l’URSS, la Biélorussie constituait le principal vivier des lanceurs, au marteau notamment avec Mikhail Krivonosov et Romulad Klim, respectivement médailles d’argent et d’or aux JO de Melbourne (1956) et de Tokyo (1964).
Le sport comme moyen d’ascension sociale reste le levier des succès. Ainsi, alors que le salaire mensuel moyen est de 150 dollars, un athlète de haut niveau reçoit dix fois plus de l’État.
Pour les Mondiaux, aucune récompense financière n’est en revanche prévue. Les hommes et femmes forts du Belarus devront attendre les JO d’Athènes, l’an prochain. Où l’or vaudra 60 000 dollars, l’argent la moitié, et le bronze 22 500.
Les champions des 9es Mondiaux d’athlétisme ne menacent pas les records du monde – dont beaucoup semblent inaccessibles pour longtemps encore – mais cela n’empêche pas le public du stade de France de Paris/Saint-Denis de vibrer et, tout compte fait, c’est plutôt une bonne nouvelle.Après cinq jours de compétition, les Mondiaux parisiens ne comptent que deux meilleures performances mondiales, celles offertes par la marche (20 et 50 km marche messieurs). Le seul record du monde est venu du 200 m malvoyants dames des épreuves handisport figurant au programme. Le plus bel exemple se révèle être le 100 m messieurs. Deux hommes seulement étaient passés sous les 10 sec cette saison. En finale mondiale lundi, aucun des huit finalistes n’est passé sous cette barre – une première depuis l’édition initiale de 1983 –,...