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Raquil, une interprétation particulière du 400 m

Le Martiniquais Marc Raquil, médaillé de bronze du 400 m messieurs des Mondiaux 2003 grâce à un finish époustouflant qui a enflammé le public du Stade de France de Paris/Saint-Denis, a une interprétation très personnelle du tour de piste.
Le chronométrage manuel a relevé 22 secondes et 22 secondes 8, respectivement pour les premier et second 200 m, ce qui peut apparaître pour le néophyte comme une répartition équilibrée de l’effort. Or, et c’est le paradoxe du 400 m, « l’écart aurait dû être d’une seconde et demie pour une bonne répartition énergétique », souligne Pierre Bonvin, coordinateur du sprint tricolore, qui a fait des études sur le sujet.
« Le 400 m, c’est comme un ressort qui se détend. On décélère au bout de 100 m. La vitesse, qui atteint son plus haut aux deuxième et troisième tranches de 50 m, ne fait ensuite que chuter. Le but, c’est de résister pour maintenir le plus longtemps cette vitesse », explique le technicien.
Échassier « Marc part assez vite. Au 150 m, il est bien. Puis il ralentit, avec un trou entre les 200 et 250 m. Ensuite, il réaccélère à l’entrée de la ligne droite. S’il n’y avait pas ce trou, on peut penser qu’il aurait terminé plus près. Mais on peut également penser qu’il aurait moins bien terminé », souligne M. Bonvin. C’est d’ailleurs toute la difficulté de la gestion de l’épreuve.
Pour autant, le responsable ne pense pas que l’athlète de Neuilly-Plaisance doive changer sa tactique. « Il a commencé à courir le 400 m comme ça, et ça le rassure. Avant, on se moquait un peu du grand albatros qui terminait fort mais aussi trop tard. Il a transformé ses défauts en qualités. Tandis que les autres ont de petites foulées, avec beaucoup de fréquence, pour terminer, Marc finit avec des foulées d’échassier. Il est très fort en aérobie, ce qui permet de retarder l’apparition de l’acide lactique », souligne Pierre Bonvin.
Ce que confirme le détenteur du record de France, âgé de 26 ans: « J’allume le booster à 80 m de l’arrivée et je ne sens pas de blocage, la douleur lactique. J’essaie de me concentrer le plus sur mes appuis pour développer de grandes foulées. Et ça, je ne peux pas le déclencher avant, dans le virage, à cause d’un déséquilibre du bassin ».

Phénomène
Parce qu’il est plus jeune (22 ans) et possède une vitesse supérieure sur 200 m, Leslie Djhone, cinquième mardi à seulement 4/100 de son compagnon d’entraînement, est plus dans la lignée des grands « quartermilers » américains.
« Djhone a su mieux gérer sa course (21 sec 4 et 23 sec 4), même s’il partait en aveugle au couloir 8 », ajoute Pierre Bonvin.
Raquil pourrait arguer d’un prestigieux exemple pour justifier sa méthode. Lors de son record du monde (43 sec 18/100, le 26 août 1999 aux Mondiaux de Séville), l’Américain Michael Johnson était passé en 21’’22 à mi-course, concluant le second demi-tour en 21’’96. Soit un écart de seulement 74/100. Comparable au 80/100 du Martiniquais à Paris.
Mais outre que la morphologie de la « loco de Waco » était totalement à l’opposé de celle de Raquil, l’Américain était d’abord un phénomène. Avec un record du 200 m à 19 sec 32/100, il pouvait se permettre de passer presque deux secondes moins vite à mi-course d’un 400 et conserver des forces pour terminer en bolide.
Le record personnel du Français sur 200 m, une distance qu’il ne court plus, est de 21 sec 30/100. Même si, dans l’absolu, son potentiel est évalué à 20’’6 ou 20’’7, cela ne lui laisse pas la marge de Johnson.
Le Martiniquais Marc Raquil, médaillé de bronze du 400 m messieurs des Mondiaux 2003 grâce à un finish époustouflant qui a enflammé le public du Stade de France de Paris/Saint-Denis, a une interprétation très personnelle du tour de piste.Le chronométrage manuel a relevé 22 secondes et 22 secondes 8, respectivement pour les premier et second 200 m, ce qui peut apparaître pour le néophyte comme une répartition équilibrée de l’effort. Or, et c’est le paradoxe du 400 m, « l’écart aurait dû être d’une seconde et demie pour une bonne répartition énergétique », souligne Pierre Bonvin, coordinateur du sprint tricolore, qui a fait des études sur le sujet.« Le 400 m, c’est comme un ressort qui se détend. On décélère au bout de 100 m. La vitesse, qui atteint son plus haut aux deuxième et troisième tranches...