Le chef spirituel du Front islamique du salut (FIS) algérien, Abassi Madani, a lancé hier un appel à la fin de la lutte armée fondamentaliste qui ensanglante le pays depuis 11 ans.
Relâché en juillet avec son jeune bras droit Ali Belhadj après douze ans de détention pour atteinte à la sûreté de l’État, le cheikh de 72 ans a lancé cet appel en direct sur la chaîne de télévision quatarie al-Jazira. S’adressant aux islamistes algériens, Madani les a invités à s’unir et « parler d’une seule voix pour sortir du long tunnel » grâce à « la force de (leur) volonté et à (leur) potentiel ».
Madani semblait interpeller plus particulièrement le Groupe islamique armé (GIA) et le Groupe salafiste de prédication et de combat (GSPC), les deux mouvements islamistes radicaux luttant encore les armes à la main pour un État islamique en Algérie. Il s’agit de la première intervention publique de Madani depuis la levée de l’assignation à résidence. Elle est probablement de nature à satisfaire le président Bouteflika à moins d’un an de la présidentielle où il briguera un nouveau mandat. Toutefois Madani a toujours été considéré comme un des moins extrémistes des dirigeants du FIS, et les autorités font valoir que seule serait particulièrement significative une renonciation à la violence de Ali Belhadj, qui observe le mutisme le plus complet depuis sa sortie de la prison militaire de Blida en juillet. Le président Bouteflika a encore déclaré la semaine dernière que l’État lutterait contre le « terrorisme » islamique jusqu’à sa complète éradication.


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