« M. Idi Amin est décédé vers 08h00 heure locale. Son état s’était détérioré vendredi et il est décédé aujourd’hui (samedi) matin dans l’unité des soins intensifs » de l’hôpital spécialisé du roi Fayçal à Djeddah, a indiqué une source hospitalière officielle.
Ce décès avait auparavant été annoncé par la présidence ougandaise. « Amin a payé pour ses péchés », a indiqué John Nagenda, conseiller pour les médias du président ougandais Yoweri Museveni.
L’un des fils d’Amin Dada a annoncé que son père avait été enterré en Arabie saoudite quelques heures après son décès. Le gouvernement ougandais avait proposé d’aider la famille d’Amin Dada à rapatrier son corps en Ouganda, si elle le souhaitait. Idi Amin Dada, 78 ans, avait été admis à l’hôpital le 25 juin, selon l’agence officielle saoudienne SPA. Il souffrait apparemment d’une insuffisance rénale et était tombé dans le coma le 18 juillet avant de reprendre conscience six jours plus tard.
Plusieurs de ses proches, dont sa femme Madina, l’entouraient lorsqu’il a rendu l’âme.
Son règne de terreur avait commencé en 1971, après qu’il eut chassé du pouvoir le président Milton Obote. Il s’était terminé le 11 avril 1979, quand le dictateur avait été destitué par le Front national de libération de l’Ouganda (FNLO) et l’armée tanzanienne. De 100 000 à 300 000 Ougandais seraient morts ou auraient été portés disparus pendant la présidence d’Amin Dada, selon diverses estimations. Il a également expulsé d’Ouganda, ancienne colonie britannique, quelque 80 000 résidents indo-pakistanais. Il avait ensuite distribué les commerces et les plantations abandonnés à des proches qui les avaient menés à la faillite très rapidement. Il s’en était suivi une période de grave crise économique et de pénuries dans le pays.
Le président Museveni, qui avait contribué à sa chute, avait affirmé le 22 juillet que si Amin Dada rentrait vivant dans son pays, il serait poursuivi pour ses « atrocités ».
L’ancien président ougandais Godfrey Binaisa, qui avait succédé à Amin Dada, a déclaré qu’il ne pleurerait pas la mort de son prédécesseur. « Je ne regrette pas qu’il soit passé dans l’autre monde », a-t-il dit. Le décès d’Idi Amin Dada constitue « une triste illustration de l’incapacité de la communauté internationale à demander des comptes aux chefs d’État pour leurs abus en matière de droits de l’homme », a estimé pour sa part à Londres George Ngwa, d’Amnesty International. « C’est l’indifférence de la communauté internationale, y compris celle du Royaume-Uni et des gouvernements ougandais postérieurs, qui lui a permis d’échapper à la justice », a-t-il ajouté.
Le 21 juillet dernier, l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) avait estimé qu’Amin Dada aurait dû passer ses dernières années en prison plutôt qu’en vivant un exil confortable en Arabie, où il touchait une indemnité des autorités saoudiennes en tant que réfugié politique. Le prince héritier saoudien Abdallah ben Abdel Aziz a appelé les fils d’Idi Amin Dada pour leur faire part de ses condoléances, a annoncé SPA.

