Le club serbo-monténégrin, classé 32e et dernier sur la liste UEFA des clubs engagés en C1, se présente volontiers comme l’outsider du groupe F, voire de l’ensemble du tournoi. Sous la conduite du stratège allemand Lothar Matthaus, le Partizan a toutefois montré face au vainqueur de la Coupe de l’UEFA 2003 qu’il avait des arguments pour accrocher des équipes plus fortes et plus expérimentées.
« Je sais qui est le favori, souligne l’attaquant Ivica Iliev, 23 ans. Mais nous avons déjà gagné un point contre Porto. Pourquoi s’arrêter après un nul contre les Portugais ? Un cap est passé. Nous sommes prêts à faire quelque chose de très grand, un exploit, poursuit-il, si l’occasion se présente à Marseille. »
À les entendre, les protégés de Matthaus craignent surtout une chose : la puissance de feu des artificiers marseillais, incarnée par Steve Marlet, Didier Drogba et Mido. « Tous les attaquants de Marseille sont de très grande qualité », constate le gardien Radovan Radakovic, qui s’attend à une soirée animée au stade Vélodrome.
« Celui qui impressionne le plus est bien Mido », ajoute-t-il.
Défense solide
En Coupe d’Europe, le Partizan a fait preuve de sa solidité défensive autour de l’ancien international nigérian Taribo West. Un but encaissé lors des deux manches contre Newcastle en 3e tour préliminaire (0-1, 1-0 a.p., qualification 4-3 aux tirs au but) et un autre contre Porto lors de la 1re journée.
En championnat de Serbie-et-Monténégro, en revanche, l’équipe est certes en tête mais a encaissé huit buts en six journées.
La force de l’équipe se trouve surtout dans la virtuosité du milieu de terrain Sasa Ilic, l’efficacité de l’attaquant Andrija Delibasevic – meilleur buteur du championnat en cours – et les rotations imprévisibles d’un certain Ljubinko Drulovic, le vétéran (35 ans) revenu en Serbie après des années de succès au Portugal (FC Porto, Benfica).
D’autre part, à Belgrade, Marseille suscite toujours des soupirs de nostalgie. Non pas chez les supporteurs de Partizan, mais chez ceux de leur archirival, l’Étoile Rouge. C’est en effet en battant l’OM le 29 mai 1991 à Bari (Italie) que l’Étoile Rouge a remporté la Coupe des clubs champions, ce qui représente toujours le plus grand exploit du football serbe.
Curkovic, un ancien Vert
sur la route de l’OM
Son nom reste intimement lié à l’épopée du grand Saint-Étienne des années 70, mais l’époque des poteaux carrés est désormais révolue et c’est comme président du Partizan Belgrade qu’Ivan Curkovic retrouvera l’OM.
« De mon temps, les vedettes françaises étaient nombreuses à l’OM, alors que l’équipe est aujourd’hui majoritairement composée d’étrangers, sourit Curkovic, ancien gardien légendaire des Verts de Roger Rocher. Mais ce qui n’a pas changé, c’est l’ambiance du Vélodrome et l’enthousiasme acharné des supporteurs marseillais ! »
À 59 ans, 27 ans après la finale de C1 perdue par Saint-Étienne contre le Bayern Munich (1-0) en 1976, Curkovic a troqué depuis longtemps ses gants de gardien pour le costume cravate. Mais c’était un patron dans sa surface et, logiquement, il l’est resté hors des terrains : en plus d’être le président du Partizan, il est également vice-président de la Fédération de Serbie-et-Monténégro.
« Nous n’avons pas de quoi être particulièrement fiers du niveau actuel du football serbo-monténégrin, admet-il. Mais dans un contexte difficile, le Partizan est le club qui s’en est le mieux tiré : il a gagné dix titres nationaux (depuis l’éclatement de l’ex-Yougoslavie), s’est doté de belles infrastructures et a fourni de nombreux joueurs à la sélection. »
« Matthaeus ? Un guerrier »
« Le succès du club, et notamment la qualification en C1, récompense un travail sur la durée, poursuit Curkovic. Il y a trois ans, nous avons décidé de conserver une équipe de base alors qu’auparavant, le onze type changeait à chaque début de saison. Et cela se voit aujourd’hui en termes de jeu et de maturité, même si nous manquons encore de régularité. »
Autre facteur de réussite : l’arrivée comme entraîneur en décembre 2002 de l’Allemand Lothar Matthaeus, légende du football international, sur lequel Curkovic ne tarit pas d’éloges : « C’est un guerrier, il a du caractère et de l’autorité mais reste proche des joueurs. À son arrivée, personne ne parlait de la qualification en C1, c’est lui qui en a fait un objectif. »
« Il a amené un nouvel état d’esprit et donné confiance aux joueurs. D’ailleurs, le Partizan est beaucoup plus fort qu’avant son arrivée alors que l’équipe est presque la même », explique-t-il.


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