Je ne retrouve plus ta place des Canons criarde,
Tes rues ont perdu la mémoire,
Leurs pierres ont changé de couleur et de destin,
Elles ne nous conduisent plus l’un vers l’autre,
Elles nous attirent vers un rêve oisif et paresseux
Où nous nous côtoyons sans nous connaître,
Où nous consommons sans être rassasiés,
Où nous nous adressons la parole sans nous aimer,
Où le vent des saveurs étrangères se lève dans des palais sans âme.
Beyrouth, je te retrouve en mille morceaux dans des magasins chics,
Fuyante, abstraite, préoccupée.
Tu n’as pas le temps de me parler, tu dois rentrer, ton regard indifférent croise le mien mais déjà il est ailleurs.
Le radar de mon cœur balaie la foule qui remonte et descend,
Dans cette rue où les gens se cherchent,
Et mesurent la distance qui les sépare l’un de l’autre,
Centre-ville livré à une foule désœuvrée, débauchée,
Sans autre but désormais que de se prêter au jeu de la consommation,
Et regarder passivement le Liban changer de nom.
Le tramway de ma mémoire résonne sur des rails disparus.
Je saute de ce monde en marche,
Je prends le transsibérien de mon cœur,
Pour aller vers un amour enseveli.
Tu m’attends à Vladivostok, debout sur le quai de la gare.
Les yeux pleins des rêves brisés de mille peuples humiliés.
J’ai un long voyage à faire,
Jusqu’à tes lèvres,
Où je boirai jusqu’au bout,
Le vin de tes volontés.
Fady NOUN


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