Les proches des prisonniers russes détenus par les États-Unis à Guantanamo sont opposés à leur extradition vers la Russie craignant la torture dans les prisons russes, selon des témoignages cités hier par le quotidien Gazeta. « Il n’y a ici ni passage à tabac ni humiliation. On ne hausse même pas la voix. Je pense qu’en Russie, il n’y a même pas de sanatorium qui offre de telles conditions », avait écrit à sa mère, à Naberejnié Tchelni, le prisonnier Aïrat Vakhitov. « J’ai terriblement peur de la justice russe et des prisons russes », a déclaré sa mère Amina en ajoutant qu’Aïrat avait fui la Russie après avoir passé deux mois en prison alors qu’il était innocent. Les parents des deux détenus originaires de Kabardino-Balkarie dans le Caucase sont du même avis. Selon Rouslan Ojiev, originaire de cette république, cité par ses parents, « il n’y a que des merveilles » à Guantanamo. Pour renvoyer les huit citoyens russes en Russie, les États-Unis exigent l’engagement de Moscou de les condamner, a indiqué le vice-ministre des Affaires étrangères Viatcheslav Troubnikov.
La Russie, où « le pouvoir exécutif n’a pas le droit d’exercer une pression sur le pouvoir judiciaire », ne peut donner une telle promesse, selon le diplomate, mais souhaite que soit trouvée une solution permettant de concilier les exigences américaines avec la législation russe. Les États-Unis ont publié les noms de huit prisonniers russes : Chamil Khajiev, Ravil Goumarov (Bachkortostan, Oural), Ravil Mingazov, Aïrat Vakhitov (Tatarstan, Volga), Rassoul Koudaïev, Rouslan Odijev (Kabardino-Balkarie, Caucase), Roustam Akhmerov (Tcheliabinsk, Oural), Timour Ichmouradov (Tioumen, Sibérie).
Quelque 680 personnes originaires de 42 pays, capturées selon les Américains parmi les forces des talibans ou des partisans d’el-Qaëda, sont détenues à la base américaine de Guantanamo, sur la côte sud de Cuba.
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