Les Slovènes, 2e du groupe 1 à cinq points des Bleus, sont en effet les seuls à pouvoir mathématiquement les devancer. Mais à deux matchs de la fin des qualifications, un partage des points suffira aux Français pour empocher un billet pour le Portugal.
Sans trembler, les champions d’Europe ont donc continué leur petit bonhomme de chemin, acquérant une 6e victoire – leur 10e d’affilée, tous matchs confondus – en autant de rencontres qualificatives. Les Chypriotes sont repartis de France la valise pleine de buts comme, auparavant, Slovènes (5-0) et Maltais (6-0).
« Continuité »
Même en l’absence de Zinédine Zidane, blessé, Sylvain Wiltord (2 buts), David Trezeguet (2) et Thierry Henry (1) s’en sont donné à cœur joie. Trois attaquants qui, avec respectivement 20, 24 et 23 buts en sélection, se disputent amicalement le titre de meilleur buteur en activité internationale.
Victoires et buts qui s’empilent: Pires, désormais suppléant classe « super luxe » de Zidane, y voit là le signe fort d’une « continuité ». Une continuité qui prend ses racines au-delà de l’arrivée de Jacques Santini, puisque si celui-ci a su instiller de la jeunesse, et donc de la concurrence, chez les Bleus, ce sont finalement les cadres, apparus si vieillissants au Mondial 2002, qui en ont tiré parti, complètement ragaillardis.
À titre d’exemple, la défense Thuram-Desailly-Silvestre-Lizarazu détenait, au coup d’envoi, 308 sélections au sein d’une équipe où tous avaient été du voyage en Asie. Piqués au vif par l’arrivée de sang neuf, soucieux aussi de ne pas achever leur carrière internationale par un échec, les « vieux » ont à nouveau du tonus.
« On a retrouvé nos vertus, explique Pires. On ne lâche rien. On essaye de ne pas laisser d’espoirs à notre adversaire. Mais il ne faut pas s’enflammer. Les adversaires n’ont pas été d’un très gros calibre. »
Certes, hormis la République tchèque, venue au Stade de France opportunément rappeler qu’il y avait encore du travail (victoire 2-0, le 12 février en amical), les champions d’Europe ne se sont guère frottés aux cadors.
Mais à voir les difficultés de certains comme l’Allemagne (1-1 contre la Lituanie) ou l’Angleterre (2-2 face à la Macédoine) à domicile, il ne faut pas faire les difficiles. Surtout qu’on y ajoute une différence de buts impressionnante (+22 en 6 matchs).
Consciencieux
Et puis force est de constater que le discours – « Il n’y a plus de petites équipes » – répété à l’envi, est consciencieusement mis en application. Exempts de toute fatuité, les Bleus font leur boulot. « Il ne fallait pas s’endormir. Le coach voulait que l’on mette la pression d’entrée », notait après coup Vieira, satisfait d’une mission accomplie.
D’autant qu’ils y ont mis la manière, démontrant leur altruisme, à l’image de Lizarazu, impliqué sur les deux premiers buts, de Pires et Sagnol, passeurs décisifs sur les 3e et 5e buts. Et le tout sans Zidane, lequel espère bien faire son retour face aux Slovènes.
Les Slovènes, justement, qui auront à cœur de faire oublier leur déroute de l’aller. « C’est un bon petit piège, admet Pires. Mais la meilleure façon de se qualifier, c’est d’y aller pour gagner. »
À l’image du capitaine Marcel Desailly, si tranquille pour sa 110e sélection, on ne doute pas : « Si on attaque le match comme contre la Suisse (le 20 août en amical, 2-0) et samedi, il n’y a rien à faire pour l’adversaire. »


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