La « feuille de route », le plan de paix international lancé en grande pompe le 4 juin par le président George W. Bush et qui ambitionne de régler le conflit d’ici à 2005, semblait mis à l’article de la mort, alors que la « guerre totale » que se livrent l’État hébreu et le Hamas menaçait de plonger la région dans une nouvelle spirale de violence. « Sans une initiative inattendue et spectaculaire des États-Unis, les deux peuples s’apprêtent à entrer dans une période sanglante très douloureuse », résumait Nahum Barnea, l’éditorialiste vedette du Yediot Aharonot, le plus grand quotidien israélien.
Mais rien ne permettait de penser que les États-Unis avaient les moyens, sans parler de la volonté politique, d’enrayer cette plongée vers l’abîme. D’autant que M. Bush est confronté à la détérioration dramatique de la situation en Irak et à une campagne qui s’annonce difficile pour sa réélection.
Le sort de M. Abbas étant associé de manière irréversible au plan de paix, la question est de savoir si ce plan peut lui survivre. Le gouvernement israélien a dit et répété samedi qu’il considérait M. Abbas comme son seul interlocuteur du côté palestinien. Une prise de position qui n’a pu que renforcer chez les Palestiniens l’image négative de M. Abbas. Parallèlement, la « guerre totale » promise au Hamas par le ministre israélien de la Défense, Shaoul Mofaz, et les menaces de représailles sanglantes lancées par le Hamas après le raid aérien de samedi à Gaza contre cheikh Yassine laissent augurer un nouvel engrenage de la violence. Un combat à mort que résument bien les propos tenus par M. Sharon après le raid. « C’est eux ou nous », a-t-il affirmé, cité par le Yediot Aharonot, à propos des chefs du Hamas.
À terme, cet engrenage pourrait conduire à une opération militaire israélienne majeure dans la bande de Gaza et, surtout, à une expulsion de M. Arafat des Territoires.
« Si Abou Mazen ne revient pas (au poste de Premier ministre), l’expulsion d’Arafat n’est qu’une question de temps », prédisait ainsi le Yediot.


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